« Les plaintes des autres candidats et les preuves fermes de fraude électorale ont été ignorées (...) Les manifestations pacifiques des Iraniens ont été violemment réprimées (...) des dizaines d'Iraniens ont été tués et des centaines illégalement arrêtés », a déclaré l'organisation sur son site Internet. « Comment peut-on affirmer qu'un gouvernement né après tant d'irrégularités est légitime ? » demande l'organisation. Cette assemblée n'a qu'une influence politique limitée, mais sa déclaration constitue un symbole fort de défiance dans la mesure où Qom est le siège du pouvoir religieux. Cette prise de position intervient au lendemain des appels du camp conservateur à juger les chefs de file de l'opposition.
De son côté, le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a déclaré qu'un huitième employé de l'ambassade de Grande-Bretagne à Téhéran, sur un total de neuf arrêtés, devrait être libéré incessamment. Dans une interview à la BBC, il a précisé que l'employé local de l'ambassade ne ferait pas l'objet de poursuites judiciaires. Seul resterait en détention un analyste politique iranien de l'ambassade. Selon son avocat, il a été inculpé « d'atteinte à la sécurité nationale ». En outre, le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé la libération d'Iason Athanasiadis-Foden, un journaliste gréco-britannique du Washington Times arrêté « pour des activités contraires au journalisme et en relation avec les récentes émeutes de rue ». La Grèce s'est félicitée de la libération du journaliste, annonçant qu'il devait quitter Téhéran hier dans la soirée. De même, les « deux tiers » du millier de personnes arrêtées à Téhéran lors des manifestations qui ont secoué la capitale ont été libérées, a déclaré le chef de la police nationale, le général Esmail Ahmadi-Moghadam.
Par ailleurs, le site de campagne de M. Moussavi, principal rival du président Ahmadinejad, a publié un nouveau rapport détaillant des « fraudes et irrégularités » dans le scrutin. Il se demande pourquoi le ministère a imprimé 14 millions de bulletins de vote en plus de ceux prévus pour les 46 millions d'inscrits. Dans certains bureaux de vote, M. Ahmadinejad a obtenu plus de 95 % des voix, s'étonne le rapport.
Enfin, l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani a estimé samedi que les événements consécutifs à l'élection présidentielle avaient « engendré de l'amertume » parmi la population, mais il a nié qu'il y ait « lutte pour le pouvoir » à la tête de l'État. Ses propos ressemblent fort à une critique voilée de la façon dont les autorités ont conduit l'élection et géré la situation par la suite. « J'espère que par une bonne gestion et par la sagesse les problèmes seront réglés dans les jours à venir et que la situation pourra s'améliorer. Nous devons penser à préserver les intérêts du système sur le long terme », a ajouté l'ancien président.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine