L'Aquila, « capitale de la douleur, va devenir la capitale du monde », a lancé jeudi le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, qui a décidé à la surprise générale de déplacer dans cette ville le sommet prévu en Sardaigne, après la catastrophe qui a fait 299 morts le 6 avril. Une forte secousse a encore été ressentie vendredi suscitant une certaine inquiétude.
Pour cette réunion, à l'heure où la légitimité du G8 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon et Russie + Union européenne) est remise en cause face au G20, l'Italie a convié un casting élargi, associant 17 pays et une dizaine d'organisations internationales.
La plus grave crise économique de l'après-guerre dans laquelle le monde est toujours plongé sera l'un des sujets majeurs de ce sommet. Si le pire semble passé pour l'économie mondiale, la reprise est encore incertaine.
« Il a fallu des années pour que nous nous retrouvions dans cette sale passe, et il nous faudra plus que quelques mois pour en sortir », a averti jeudi le président américain Barack Obama, qui participera à son premier G8.
Selon John Kirton, directeur du groupe de recherche sur le G8 de l'Université de Toronto, le sommet sera l'occasion « d'un vif débat sur le moment où on devra passer de la relance à une stratégie de sortie » de crise en mettant fin aux plans de soutien qui font exploser les déficits publics.
L'Italie souhaite par ailleurs avancer sur la mise en place d'un corpus de règles communes pour la finance mondiale. Rome s'est aussi lancé comme défi de débloquer le cycle de Doha sur la libéralisation du commerce mondial.
Jeudi, pour aborder l'urgence climatique, les discussions des Huit seront élargies aux dirigeants du G5 (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde, Mexique), de l'Australie, de l'Indonésie et de la Corée du Sud.
Les négociations en vue de parvenir à un accord au sommet de Copenhague en décembre traînent en longueur en raison de désaccords sur les objectifs chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Pour la chancelière allemande Angela Merkel, le G8 doit réaffirmer « très clairement » l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 2 degrés.
Sur le plan diplomatique, la crise en Iran depuis la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad sera un autre sujet chaud de ce G8, sur fond de tensions croissantes entre les puissances occidentales et Téhéran.
L'Iran, soupçonné de vouloir se doter de l'arme nucléaire, sera aussi au centre des discussions sur la non-prolifération, tout comme la Corée du Nord, qui a effectué un deuxième essai nucléaire fin mai et de nouveaux tirs de missiles samedi.
Les pays africains, présents vendredi, devraient rappeler aux dirigeants des Huit leurs promesses d'aide, alors que le cap du milliard de personnes souffrant de la faim dans le monde vient d'être franchi.
Durant le sommet, des manifestations sont prévues à L'Aquila et à Rome où un important dispositif de sécurité sera déployé. L'Italie reste traumatisée par le dernier G8 italien à Gênes en 2001, qui s'était soldé par de violents affrontements et la mort d'un jeune manifestant tué par un carabinier.
Enfin, ce rendez-vous sera aussi un test de crédibilité pour le Cavaliere, qui préside à 72 ans son troisième G8 avec une image ternie par des scandales touchant sa vie privée.


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