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Moyen Orient et Monde - Pakistan

L’offensive contre les talibans en zone tribale ne sera pas aisée

L'offensive généralisée promise par Islamabad contre les talibans liés à el-Qaëda dans leurs fiefs des zones tribales du nord-ouest du Pakistan sera infiniment plus difficile à mener que celle de la vallée voisine de Swat, où l'armée se bat depuis un mois et demi.
Depuis plusieurs jours, avions, hélicoptères et artillerie pilonnent les districts tribaux de Bajaur, Mohmand, Orakzaï et du Waziristan du Sud notamment, le long de la frontière afghane où, selon Washington, el-Qaëda a reconstitué ses forces et les talibans afghans des bases arrière, grâce au soutien des talibans pakistanais obéissant au chef de guerre Baïtullah Mehsud. Dimanche, le gouvernement a promis de lancer une offensive « tous azimuts » jusqu'à l'« élimination » de ces combattants islamistes et de Mehsud, pour lequel les États-Unis offrent une récompense de 5 millions de dollars.
Le Waziristan du Sud, fief de son Mouvement des talibans du Pakistan (Tehrik-e-Taliban Pakistan, TTP) et que l'armée a commencé à pilonner, il y a quelques jours, est un petit territoire, mais les insurgés islamistes y règnent en maîtres absolus depuis près de dix ans, y bénéficient de la sympathie d'une grande partie de la population de la tribu des Mehsud et y ont installé des repaires dans des montagnes inexpugnables. Considérés comme des combattants féroces, ils ont forcé par deux fois l'armée à accepter des accords de cessez-le-feu après des offensives qui ont tourné court, en février 2005 et en janvier 2009. Le gouvernement payant même, dans le second cas, des compensations pour les pertes subies par la tribu de Mehsud. En outre, Baïtullah a prouvé qu'il avait la capacité de frapper où il le voulait grâce à une réserve presque inépuisable de kamikazes : il est responsable de la vague sans précédent d'attentats - dont près de 200 attaques-suicide - qui ont tué quelque 2 000 personnes en moins de deux ans dans tout le pays.
Outre des représailles sanglantes, l'autre risque est de diluer l'effort militaire et d'aggraver une crise humanitaire déjà dramatique : l'offensive de Swat a forcé près de 2,5 millions de personnes à fuir et à vivre dans des camps ou des conditions précaires, et les témoignages et rapports d'ONG se multiplient pour évoquer de nombreuses victimes civiles des bombardements sans discernement de l'armée.
Enfin, les experts estiment que la victoire n'est possible qu'avec la contribution des forces internationales en Afghanistan, l'extrême porosité de la frontière permettant aux talibans pakistanais en fuite de s'y réfugier.
L'offensive généralisée promise par Islamabad contre les talibans liés à el-Qaëda dans leurs fiefs des zones tribales du nord-ouest du Pakistan sera infiniment plus difficile à mener que celle de la vallée voisine de Swat, où l'armée se bat depuis un mois et demi.Depuis plusieurs jours, avions, hélicoptères et artillerie pilonnent les districts tribaux de Bajaur, Mohmand, Orakzaï et du Waziristan du Sud notamment, le long de la frontière afghane où, selon Washington, el-Qaëda a reconstitué ses forces et les talibans afghans des bases arrière, grâce au soutien des talibans pakistanais obéissant au chef de guerre Baïtullah Mehsud. Dimanche, le gouvernement a promis de lancer une offensive...
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