« Aujourd'hui, je suis donc bien placé pour dire qu'elles sont obsolètes, parce que la technologie a évolué », dit-il. « La transmission directe, depuis les avions, par satellite est beaucoup plus économique qu'elle ne l'était il y a dix ans. Il est maintenant possible de tout transmettre directement, pendant le vol, en cas de problème. » Un système d'envoi automatique, par liaison satellite, des enregistrements de données des vols existe déjà, souligne-t-il, et devrait être généralisé. Cela permettrait, en cas d'accident, de tout récupérer en quelques clics de souris au lieu de partir à la recherche de boîtes noires endommagées dans les jungles ou au fond des mers. « L'avion ne commencerait à émettre qu'à partir du moment où une anomalie intervient. Et on peut programmer le système pour qu'en cas d'anomalie grave, il émette non-stop toutes les données et les enregistrements des voix des pilotes... C'est assez simple », ajoute-t-il. « Quand vous calculez les coûts de recherche des boîtes noires au fond d'un océan, c'est phénoménal. Des milliers d'heures d'avions, d'hélicoptères, de bateaux. Cette fois, il y a même un sous-marin nucléaire au large du Brésil. Et au final, on peut ne pas avoir l'information (...) Avec la transmission par satellite, on peut tout récupérer instantanément. On aurait pu savoir exactement où l'appareil s'est abîmé. Pour les familles, vous imaginez comme il est dur de rester des mois, parfois des années sans savoir ce qui s'est vraiment passé ! » dit-il encore.
Comme les enregistrements ne se déclencheraient qu'en cas d'anomalie, l'immense majorité des vols ne transmettrait rien, donc ce système n'encombrerait pas les liaisons satellites et ne demanderait pas d'immenses capacités de stockage informatique, plaide Pierre Jeanniot. « Une petite compagnie de Toronto, Starnav, a développé un système qui fait exactement ça », dit-il. « Ce qu'il faut maintenant, c'est une volonté des compagnies aériennes, mais aussi des gouvernements. Chaque accident doit nous apprendre quelque chose. »
Gérard Arnoux, président du SPAF, un syndicat de pilotes d'Air France, estime devant l'AFP : « Cela me paraît tout à fait intelligent (...) Cela ne pose aucun problème technique de transmettre les données du vol par satellite, d'ailleurs la plupart des avions, à part les plus anciens, le font déjà. »
Pour Christophe Pesenti, du syndicat de pilotes d'Air France Alter, « en théorie, cela serait très bien pour la sécurité des vols, mais il y a de gros problèmes de mise en œuvre à prévoir (...) Il faudra régler le problème de la confidentialité. Dans les boîtes noires, quand les vols se passent bien, tout reste dans les boîtes. Si vous avez l'enregistrement des voix des pilotes, qui racontent leurs vies ou parlent de choses et d'autres : comment traiter ces informations ? Comment s'assurer que la compagnie n'y accède pas à volonté ? »


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