Le 65e anniversaire du débarquement allié en Normandie était propice à l'affirmation de l'amitié franco-américaine. Au cimetière américain de Colleville-sur-Mer (Nord-Ouest), où reposent 9 387 militaires tombés en 1944 pendant la bataille de Normandie, Barack Obama a salué la « bravoure » des forces alliées qui ont « changé le cours du XXe siècle », en contribuant à la victoire sur la barbarie nazie. « Des hommes qui se pensaient ordinaires ont trouvé en eux de quoi accomplir l'extraordinaire », a-t-il noté devant Nicolas Sarkozy, les Premiers ministres britannique Gordon Brown et canadien Stephen Harper et le prince Charles. Auparavant, lors d'une conférence de presse à Caen à l'issue d'un entretien de moins d'une heure, les deux dirigeants avaient multiplié les amabilités. Leur rencontre officielle a cependant été relativement courte, comparée au temps passé en France par le président américain, arrivé vendredi soir et repartant dimanche après-midi.
« C'est un plaisir de travailler avec Barack Obama », a dit Nicolas Sarkozy. « Je considère personnellement Nicolas Sarkozy comme un ami », a répondu Barack Obama, relevant aussi avec humour que son homologue « parle très vite ». Le président américain « comprend très vite », a aussitôt glissé le chef d'État français. « On est là pour travailler, pour avoir des résultats », a lancé un brin agacé Nicolas Sarkozy, en soulignant avoir « autre chose à faire que de belles photos sur papier glacé ».
Les deux présidents n'ont évoqué publiquement aucune initiative nouvelle tant pour l'Iran que pour le Proche-Orient où le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, déjà bloqué, est rendu encore plus difficile par l'arrivée au pouvoir en Israël du gouvernement de Benjamin Netanyahu.
Sur la Turquie, ils ont affirmé l'importance de la relation avec un pays, considéré comme un pont entre l'Orient et l'Occident. « La position traditionnelle des États-Unis, c'est l'intégration » dans l'Union européenne, « la mienne, ce n'est pas l'intégration », a dit le président français.
Les deux dirigeants ont déjeuné à Caen avec leurs épouses. Après Colleville-sur-Mer, Barack Obama a regagné Paris pour une fin de séjour privée, en famille, dans la capitale française. Il a choisi d'y faire venir ses filles, Malia, 10 ans, et Sasha qui fête dimanche ses 8 ans. Après la tour Eiffel vendredi soir, elles ont visité samedi soir avec leurs parents Notre-Dame de Paris. Une visite d'un peu plus d'une heure dans la cathédrale, pour l'occasion fermée au public et dont le parvis avait été évacué. « C'était la visite d'une famille en vacances », a commenté un porte-parole de l'archevêché.
De nombreux touristes et Parisiens s'étaient massés aux abords, le long des berges de la Seine, et ont acclamé à grands cris le passage du convoi. La famille est ensuite partie dîner dans un restaurant parisien, « La fontaine de mars », un des vieux bistrots de Paris, fondé en 1908.


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