Mise au point de Barak
Les déclarations de Lieberman sur l'Iran sont pour le moins surprenantes, puisque jusqu'à présent, le Premier ministre Netanyahu affirmait que le programme nucléaire de l'Iran était « une menace pour l'existence » de son pays et disait qu'Israël « se réservait le droit de se défendre ». « Je répète ce que j'ai toujours dit, nous n'excluons aucune option », a d'ailleurs martelé le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, quelques heures seulement après les déclarations de Lieberman.
Concernant l'organisation à Moscou d'une conférence sur le Proche-Orient, un sujet cher aux Russes, M. Lieberman a été prudent, jugeant qu'on ne pourrait avancer sur ce dossier qu'après la visite du président américain à Moscou du 6 au 8 juillet. Le ministre ultranationaliste a aussi clairement dit qu'Israël boycotterait une telle conférence si les mouvements radicaux Hamas et Hezbollah y participaient. La Russie est un des rares pays à entretenir des rapports avec la direction du Hamas, considéré comme une organisation terroriste par Israël, les États-Unis et l'Union européenne.
Israël s'inquiète d'une réconciliation d'Obama avec les musulmans
Les déclarations de Lieberman interviennent à la veille du discours d'Obama au Caire. Un discours, et une éventuelle réconciliation des États-Unis avec les musulmans, qui inquiètent Israël, l'État hébreu redoutant que ce rapprochement se fasse à ses dépens et aux dépens de ses relations traditionnellement privilégiées avec Washington durant la présidence de George W. Bush. « Le président américain a le droit de tenter de se réconcilier avec le monde musulman et faire concurrence à el-Qaëda ou l'Iran pour conquérir son cœur. Pour notre part nous devons vérifier que cela ne portera pas atteinte à nos intérêts communs », a dit à la radio le ministre des Transports, Israël Katz. Ces dernières semaines, des tensions sont apparues entre Israël et les États-Unis après le refus de M. Netanyahu d'accepter l'idée d'un État palestinien et de geler totalement la colonisation juive en Cisjordanie occupée, comme le réclame M. Obama. « Il existe une coopération intense entre Israël et les États-Unis, mais les désaccords se sont récemment aggravés », a admis M. Katz, en réaffirmant le refus israélien de geler la colonisation. M. Katz a toutefois relevé que le Premier ministre n'excluait pas de « faire preuve d'une certaine souplesse », en allusion au possible démantèlement de 22 colonies sauvages créées par des colons extrémistes sans l'aval du gouvernement (voir par ailleurs).
Néanmoins, le président américain a exclu pour le moment tout compromis sur le dossier en refusant, tout comme la communauté internationale, de faire une distinction entre colonies « légales » ou « sauvages ». pour Yossi Beilin, un ancien ministre du parti d'opposition de gauche Meretz, « le moment de vérité est arrivé ». « Ce gouvernement très extrémiste a le droit de préférer la colonisation en Cisjordanie à de bonnes relations avec les États-Unis, c'est totalement stupide, mais c'est légitime », a affirmé M. Beilin à la radio. Citant des responsables israéliens, le quotidien Haaretz affirme que M. Obama a l'intention d'accorder à M. Netanyahu, après son discours au Caire, un délai de quatre à six semaines pour « actualiser » ses positions sur un État palestinien et les colonies et présenter à l'émissaire spécial américain George Mitchell un plan d'action pour relancer des négociations avec les Palestiniens dans les six prochains mois. La Maison- Blanche a néanmoins dit hier à une influente organisation juive vouloir résoudre « sans ressentiments ni ultimatums » les tensions actuelles avec le gouvernement israélien.


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