« Les discussions se sont terminées en fin d'après-midi à la mission russe », a indiqué à l'AFP un membre de la délégation russe jugeant cette première journée « positive » et marquée par « une atmosphère de travail ». Il a confirmé que les deux délégations devaient se retrouver ce matin, cette fois dans l'enceinte de la mission américaine. En revanche, les pourparlers annoncés pour trois jours pourraient ne pas se poursuivre mercredi si les délégations parviennent à faire le tour de leur agenda en 48 heures, a précisé cette source ayant requis l'anonymat.
Cette rencontre est destinée à poursuivre les négociations sur le traité de réduction des armes stratégiques (Start 1) de 1991, qui a conduit à amputer d'un tiers les arsenaux nucléaires russe et américain et arrivent à échéance le 5 décembre. Le premier tour de discussions organisé à Moscou les 19 et 20 mai avait été jugé « constructif » et même « réussi » par la partie russe. Mais aucune information concrète n'a jusqu'à présent filtré sur leur contenu exact. Cette fois encore, les deux parties ont souhaité le huis clos le plus total. « Sur le détail des négociations, nous préférons que cela reste privé », avait prévenu en fin de semaine le porte-parole du département d'État, Ian Kelly.
Les premiers résultats devraient en revanche être dévoilés à l'issue du tête-à-tête prévu entre les chefs d'État russe et américain, Dmitri Medvedev et Barack Obama, attendu à Moscou entre le 6 et le 8 juillet, selon un diplomate russe.
Lors de leur première rencontre à Genève en mars, les chefs de la diplomatie des deux pays, Hillary Clinton et Sergueï Lavrov, avaient promis de réactiver les discussions au point mort depuis des années pour aboutir à un nouveau traité d'ici à fin décembre. Mais le temps presse et certains experts doutent d'avancées tangibles en si peu de temps étant donné les ambitions divergentes des deux parties.
Au-delà de l'engagement en faveur du désarmement, la Maison-Blanche tient à ce rapprochement pour obtenir l'appui de la Russie sur les dossiers chauds de l'Iran et de la Corée du Nord. De leur côté, les Russes veulent profiter de l'enceinte pour faire céder Washington sur son projet de bouclier antimissile en Europe. Officiellement destiné à contrer une éventuelle attaque iranienne, le bouclier est perçu par Moscou comme une menace pour sa propre sécurité. M. Lavrov a été clair sur la question, rappelant le 20 mai que le nouvel accord Start devait induire « une sécurité égale pour les deux parties », qui ne peut être garantie « sans une prise en compte de la situation dans le domaine de la défense antimissile ». Mais les Américains ne le voient pas de cet œil. « Nous avons l'intention de discuter de l'ensemble des questions autour de la défense antimissile, mais pas dans le contexte des discussions sur Start », a expliqué hier une source diplomatique américaine.


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