Alors qu'aucun cas de grippe porcine n'a été recensé sur son territoire, l'Égypte est le seul pays au monde à avoir décrété début mai l'élimination d'un cheptel d'environ 250 000 porcs. Cette mesure n'affecte que la minorité chrétienne copte, les musulmans ne consommant pas la viande de porc jugée impure par l'islam. Pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), elle n'est pas scientifiquement justifiée.
Des intellectuels arabes, chrétiens ou musulmans, ont accusé le régime de Hosni Moubarak d'avoir composé avec l'opposition islamiste des Frères musulmans qui faisait campagne contre les élevages de cochons « en terre d'islam ». « Les coptes victimes de la grippe sans avoir été contaminés », a écrit l'écrivain marocain Tahar Ben Jelloun, pour qui le gouvernement égyptien a clairement agi « sous la pression des islamistes ». Pour Salama Ahmad Salama, l'un des plus célèbres éditorialistes égyptiens, c'est « la stupidité humaine davantage qu'une maladie des porcs » qui explique cette décision du pouvoir en Égypte face à une crise virtuelle.
Un reportage publié dans l'hebdomadaire gouvernemental al-Ahram Hebdo dénonce la pagaille qui règne à Bassatine, le grand abattoir du Caire où les porcs doivent être mis à mort, au rythme de 1 200 par jour. « Seuls les mâles sont tués conformément aux règles », note la journaliste Heba Nasreddine, alors que « les petits porcs et les truies sont assommés avec une barre de fer et on les laisse saigner jusqu'à ce qu'ils meurent ». Une pétition pour demander au gouvernement égyptien de mettre fin « à la tuerie brutale » des porcs a aussi été mise en ligne sur Care2.


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