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Moyen Orient et Monde - Pakistan

Islamabad ordonne à son armée d’« éliminer » les talibans

« Afin de restaurer l'honneur et la dignité de notre pays et afin de protéger les gens, nous avons demandé aux forces armées d'éliminer les combattants islamistes et les terroristes », a déclaré en fin de soirée le Premier ministre Yousuf Raza Gilani dans un discours à la nation empreint de gravité. Même s'il ne l'a pas directement annoncé, ce discours met de facto un terme officiel à l'accord de paix signé mi-février, par lequel les combattants islamistes liés à el-Qaëda acceptaient un cessez-le-feu en échange de l'instauration de tribunaux islamiques à Swat et six autres districts alentour. Loin d'avoir déposé les armes, comme l'accord de paix le leur imposait, les talibans, qui faisaient régner la terreur depuis près de deux ans dans la vallée de Swat, avaient profité du retrait de l'armée pour pousser leur avantage sur le terrain, en s'emparant des districts voisins de Buner et du Lower Dir.
Les habitants du Lower Dir, de Buner et de Swat, des zones très peuplées, ont été pris entre deux feux et ont fui les combats par dizaines de milliers depuis 12 jours, pour se réfugier plus à l'est. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a assuré jeudi que « la crise humanitaire s'amplifiait » en raison de ces populations déplacées. Une large partie de l'opinion pakistanaise, comme les observateurs étrangers, estime que le gouvernement du président Asif Ali Zardari, de plus en plus impopulaire et fragilisé, a finalement renoncé à sa stratégie de l'apaisement avec les talibans face à la pression intense de Washington.
« Afin de restaurer l'honneur et la dignité de notre pays et afin de protéger les gens, nous avons demandé aux forces armées d'éliminer les combattants islamistes et les terroristes », a déclaré en fin de soirée le Premier ministre Yousuf Raza Gilani dans un discours à la nation empreint de gravité. Même s'il ne l'a pas directement annoncé, ce discours met de facto un terme officiel à l'accord de paix signé mi-février, par lequel les combattants islamistes liés à el-Qaëda acceptaient un cessez-le-feu en échange de l'instauration de tribunaux islamiques à Swat et six autres districts alentour. Loin d'avoir déposé les armes, comme l'accord de paix le leur imposait, les...
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