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Moyen Orient et Monde - Sommet

L’UE renforce ses liens avec six pays de l’ex-URSS

L'avancée du « partenariat oriental » est conditionnée à des règles strictes.

Sous l'œil critique de Moscou, les dirigeants de l'UE ont entamé hier un sommet pour renforcer leurs liens avec six pays issus de la sphère soviétique, dans le but de les stabiliser sans évoquer une quelconque adhésion future au bloc européen.
Face à Moscou qui a mis en garde contre « de nouvelles lignes de partage » en Europe, le Premier ministre démissionnaire tchèque Mirek Topolanek a assuré à son arrivée au sommet que ce « partenariat oriental » ne devait pas « renouveler les blocs Est et Ouest » ni constituer une nouvelle « lutte d'influences ». La commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a elle aussi rejeté les reproches de Moscou qui a accusé l'UE de vouloir étendre sa « sphère d'influence » à ces six pays (Ukraine, Moldavie, Belarus, Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie). « Nous devrions être tous deux (UE et Russie) très contents d'avoir plus de stabilité dans ce qui est notre voisinage commun », a-t-elle affirmé. « De plus, ce partenariat est un renforcement de la politique européenne dite de voisinage » lancée en 2003 à laquelle l'UE avait proposé à Moscou de participer, en vain, a souligné la commissaire. Elle a dit « ne pas comprendre » la réaction russe, surtout que l'UE a fait des efforts d'explications ces dernières semaines et proposé à Moscou de participer à certains projets de ce partenariat, encore imprécis.
Pour beaucoup d'analystes, ce partenariat, doté d'un budget de 600 millions d'euros d'ici à 2013, reste modeste au regard du risque d'instabilité que représentent ces pays. L'UE soumet l'avancée de ce partenariat à une stricte « conditionnalité », selon la déclaration que devaient avaliser les dirigeants de l'UE. Les six pays, dont beaucoup sont encore des régimes autoritaires, doivent s'engager à respecter des « valeurs fondamentales incluant la démocratie, l'État de droit, le respect des droits de l'homme ». L'UE dit certes vouloir arriver avec chacun à « un accord d'association », voire de libre-échange. Mais les négociations, que seule l'Ukraine a déjà commencées, ne seront envisagées avec les autres que s'ils peuvent « respecter les engagements qui en découlent ». Quant à la « libéralisation des visas » ardemment souhaitée par ces pays, cela reste un « objectif à long terme », certains pays de l'Ouest de l'UE craignant une recrudescence de l'immigration illégale et la criminalité.
Plusieurs pays d'Europe de l'Est, comme la République tchèque ou la Pologne, considèrent que ces pays pourraient postuler un jour à une adhésion à l'UE et auraient voulu aller plus loin. Mais pour Berlin, Paris ou Luxembourg, les promesses d'adhésion faites aux pays des Balkans sont déjà suffisamment difficiles à gérer. Ils veulent aussi éviter d'envenimer les relations avec Moscou, toujours difficiles depuis le conflit russo-géorgien d'août dernier, comme le montrent les expulsions récentes de diplomates entre Russie et OTAN. Certains pays sont d'autant plus prudents qu'ils ne veulent pas nuire à leur engagement de coopération renforcée avec les pays du sud de la Méditerranée. Comme la France, dont le président Nicolas Sarkozy avait lancé l'Union pour la Méditerranée en juillet 2008. M. Sarkozy a d'ailleurs laissé le soin à son Premier ministre François Fillon de le représenter à ce sommet.
Signe de l'affaiblissement de la présidence tchèque à la veille du remplacement du gouvernement de M. Topolanek par une équipe d'experts, la chancelière allemande Angela Merkel est la seule des « poids-lourds » européens à avoir fait le déplacement, en jugeant que le partenariat a « une dimension importante de la coopération » de l'UE. Si plusieurs dirigeants ont minimisé l'absence de leurs collègues, Mme Ferrero-Waldner a, elle, reconnu être « déçue ».
Sous l'œil critique de Moscou, les dirigeants de l'UE ont entamé hier un sommet pour renforcer leurs liens avec six pays issus de la sphère soviétique, dans le but de les stabiliser sans évoquer une quelconque adhésion future au bloc européen.Face à Moscou qui a mis en garde contre « de nouvelles lignes de partage » en Europe, le Premier ministre démissionnaire tchèque Mirek Topolanek a assuré à son arrivée au sommet que ce « partenariat oriental » ne devait pas « renouveler les blocs Est et Ouest » ni constituer une nouvelle « lutte d'influences ». La commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a elle aussi...
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