Moscou a pour sa part vertement critiqué les accusations géorgiennes : celles-ci témoignent « d'une imagination malade et du comportement irresponsable de la direction géorgienne », a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Grigori Karassine.
Washington a de son côté relativisé l'ampleur des évènements en Géorgie. « Cela semble être un incident relativement isolé qui a désormais pris fin », a déclaré un porte-parole du Pentagone, Bryan Whitman, ajoutant n'avoir « aucun information » sur une éventuelle participation russe à la mutinerie.
Les autorités géorgiennes ont, elles, indiqué que l'un des chefs des conspirateurs a été arrêté et que deux autres sont recherchés. Quelque 500 hommes étaient déployés sur la base incriminée, mais le nombre des participants au complot n'a pas été révélé. « Tous les mutins se sont rendus ou ont été arrêtés », a simplement déclaré le ministre de l'Intérieur, Vano Merabichvili, selon des images diffusées à la télévision. « La situation est sous contrôle », avait assuré un peu plus tôt le président géorgien.
Cet épisode intervient dans un contexte déjà très tendu, alors que la Géorgie doit accueillir des exercices militaires de l'Alliance atlantique. La Russie exige leur annulation, arguant qu'ils enfreignent les principes du cessez-le-feu conclu après la guerre russo-géorgienne d'août 2008. L'Arménie, principal allié de la Russie dans le Caucase, a annoncé qu'elle renonçait à participer à ces manœuvres.
La Géorgie se trouve en outre dans une période d'instabilité politique. L'opposition manifeste depuis près d'un mois à Tbilissi pour obtenir la démission de M. Saakachvili, accusé de dérive autoritaire et d'avoir mal géré le conflit avec la Russie. Les opposants ont d'ailleurs dénoncé la mutinerie comme une mise en scène du pouvoir destinée à détourner l'attention de l'opinion publique du mouvement de contestation. « J'ai l'impression que tout ceci n'est rien d'autre qu'un spectacle de théâtre mis en scène par Saakachvili pour détourner l'attention du peuple des manifestations qui continuent contre le pouvoir », a déclaré à l'AFP l'un des chefs de l'opposition géorgienne, David Gamkrelidze.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine