M. Obama a clairement signifié ne rien penser de bon de cette échéance arbitraire des 100 jours, si chère aux médias américains. Mais il a tâché d'en tirer le meilleur parti. Il a rappelé avoir été élu sur la promesse du changement et avoir trouvé des difficultés d'une ampleur « sans précédent ». Il a évoqué les mesures prises pour sortir le pays de la pire récession depuis les années 1930. Il a rappelé la rupture avec l'ère de George W. Bush, l'annonce de la fermeture du camp de Guantanamo, l'interdiction de la torture, le calendrier de retrait d'Irak. Il a défendu ce que certains experts considèrent comme le programme de réformes le plus ambitieux depuis les années 1930, dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'énergie ou de la finance. « Après 100 jours, je suis content du progrès accompli, mais je ne suis pas satisfait. J'ai confiance en l'avenir, mais je ne suis pas satisfait du présent », a-t-il dit, devant la suppression de plus de cinq millions d'emplois depuis le début de la récession en décembre 2007, et les millions d'Américains incapables de payer une couverture médicale ou des études. « Nous voyons une lumière à l'horizon », a-t-il cependant assuré. Mais « nous avons encore devant nous beaucoup de choix, de décisions et de travail difficiles », a-t-il prévenu.
À la veille d'une échéance capitale, M. Obama a ainsi dit ne pas savoir si le constructeur automobile Chrysler pourrait échapper au dépôt de bilan. De nouvelles décisions sont attendues sous peu pour les banques.
Cependant, malgré l'opposition farouche de ses adversaires républicains, des anicroches dans la mise en place de son gouvernement et des controverses sur les salaires de Wall Street ou le traitement du passé antiterroriste des États-Unis, l'exercice du pouvoir n'a pas érodé la popularité de M. Obama : 58 % des Américains approuvent son action, selon une étude de l'université Quinnipiac.


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