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Moyen Orient et Monde - Vallée De Swat

L’armée pakistanaise passe à l’offensive contre les talibans

Washington salue l'offensive contre les combattants islamistes dans le nord-ouest du pays.
Après une contre-attaque initiée dimanche dernier dans le district du Lower Dir, la première contre les talibans du district voisin de Swat depuis mi-février, l'armée pakistanaise a annoncé qu'elle avait entamé hier la reconquête de Buner, autre lieu hautement symbolique. La semaine dernière, la prise de Buner, à une centaine de km d'Islamabad seulement, par ces combattants islamistes liés à el-Qaëda avait réveillé une opinion publique jusqu'alors apathique, qui avait dénoncé la « capitulation » du gouvernement et de l'armée. Elle avait également provoqué les foudres de Washington, principal bailleur de fonds du Pakistan, son allié-clé dans sa « guerre contre le terrorisme » lancée contre les islamistes à la suite des attentats du 11 septembre 2001. Hier, le porte-parole du Pentagone Geoff Morrell a qualifié l'offensive de l'armée pakistanaise comme étant la « réponse adéquate » face à l'avancée des rebelles. « Nous encourageons ces efforts et nous sommes prêts à les aider de toutes les manières possibles », a-t-il souligné. Toutefois, « nous espérons que ces opérations seront durables », a-t-il ajouté. La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton avait parlé, après la chute de Buner, d'« abdication » et s'était émue de l'« avancée » des talibans, « une menace mortelle », selon elle, pour la seule puissance militaire nucléaire du monde musulman, et, donc, pour le monde.
Les talibans s'étaient emparés de la vallée de Swat, jusqu'alors le site le plus touristique du pays, à l'été 2007. L'armée avait tenté deux années durant de les déloger, en vain. Mi-février, face aux exactions commises à Swat par les combattants islamistes qui décapitaient le moindre opposant et détruisaient les écoles accueillant des filles, le gouvernement provincial avait signé un accord de cessez-le-feu. Entériné le 14 avril par le président Asif Ali Zardari, il concédait aux extrémistes la création de tribunaux islamiques dans les sept districts de la région de Malakand, dont Swat, Buner et Lower Dir. Depuis, loin de déposer les armes comme prévu dans l'accord, les talibans avaient profité du retrait de l'armée pour pousser leur avantage sur le terrain au-delà de Swat. Hier, les talibans ont annoncé qu'ils considéraient l'accord de cessez-le-feu toujours en vigueur mais « mis en danger » par l'offensive du Lower Dir. C'était avant l'annonce de l'offensive à Buner.
Buner a constitué une sorte d'électrochoc. Les talibans se cantonnaient jusqu'alors, hormis Swat, dans leurs bastions des zones tribales frontalières avec l'Afghanistan, où el-Qaëda a reconstitué ses forces et les talibans afghans des bases arrière. Les États-Unis les y pilonnent régulièrement à coups de missiles tirés par des drones (avions sans pilote), sans parvenir à les éliminer. Au grand dam d'Islamabad qui proteste, verbalement seulement, au nom de sa souveraineté.
Par ailleurs, le Congrès des États-Unis étudie la possibilité de fournir une aide financière d'urgence au Pakistan, a-t-on appris hier de sources démocrates concordantes. Jusqu'à un million de personnes ont quitté leurs maisons dans le nord-ouest du Pakistan pour fuir les combats entre forces de sécurité et militants islamistes, selon des responsables locaux pakistanais et des humanitaires réunis hier à Genève.
Après une contre-attaque initiée dimanche dernier dans le district du Lower Dir, la première contre les talibans du district voisin de Swat depuis mi-février, l'armée pakistanaise a annoncé qu'elle avait entamé hier la reconquête de Buner, autre lieu hautement symbolique. La semaine dernière, la prise de Buner, à une centaine de km d'Islamabad seulement, par ces combattants islamistes liés à el-Qaëda avait réveillé une opinion publique jusqu'alors apathique, qui avait dénoncé la « capitulation » du gouvernement et de l'armée. Elle avait également provoqué les foudres de Washington, principal bailleur de fonds du Pakistan, son allié-clé dans sa « guerre...
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