Avant la crise, les cinq pays de l'Europe centrale (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie, Slovénie), les trois pays baltes (Lituanie, Estonie, Lettonie), ainsi que Chypre et Malte ont connu la croissance économique, le développement des infrastructures, du commerce et des services ainsi qu'une baisse du chômage, à l'exception sur ce point de la Hongrie.
La « Nouvelle Europe » a ainsi bénéficié d'un boom de l'immobilier, d'un afflux massif de capitaux étrangers et des nouvelles technologies (informatique, Internet).
Le parc automobile, longtemps caractérisé par de vieilles Skoda, Lada, Dacia, Wartburg et autres Trabant, s'est modernisé et développé de façon spectaculaire. Et, notamment grâce à des fonds européens, le réseau routier s'est aussi nettement amélioré.
Les salaires ont fortement augmenté avec des hausses allant de 35 % (République tchèque, Hongrie) à 50 % (Pologne), voire même jusqu'à un doublement comme en Lituanie ou en Lettonie.
Parallèlement, les taux de chômage, très élevés dans certains pays, ont diminué parfois de façon spectaculaire comme en Pologne (de 19 % à 9,5 %), en Lituanie (de 11,4 % à 4,7 %) ou encore en Lettonie (de 9 % à 5 %).
Jadis « Premier de la classe » grâce à la transformation rapide de son système politique et économique, la Hongrie, dont les gouvernements successifs ont omis de réaliser des réformes impopulaires mais nécessaires, a été le seul à voir son niveau de chômage croître de 5,8 % en 2004 à 8 % fin 2008.
Mais en raison de leurs économies relativement modestes, ouvertes, vulnérables et dépendantes des marchés occidentaux, la crise mondiale a touché ces pays de plein fouet et les taux de chômage ont remonté sensiblement à 11 % en Pologne, à près de 6 % en Lituanie, par exemple.
En cinq ans, ces pays ont connu l'arrivée massive de crédits, surtout en euros ou en francs suisses, notamment la Hongrie, la Pologne et les pays baltes. Mais la crise mondiale a entraîné une dépréciation brutale des monnaies locales jusqu'à 30 % par rapport à l'euro, surtout le zloty polonais ou le forint hongrois.
À cause des crédits à la consommation et immobiliers libellés en devises étrangères, des remboursements importants de plus en plus difficiles pèsent aujourd'hui sur les revenus des ménages.
Les pays qui ont pu adopter l'euro se retrouvent en meilleure posture. La Slovénie a rejoint la zone euro en 2007, Chypre et Malte en 2008 et la Slovaquie début 2009.
Les autres ne sont pas encore prêts : la Pologne désire adopter l'euro en 2012, la République tchèque et la Hongrie tablent sur 2013 ou 2014.
Selon le Fonds monétaire international (FMI) - qui, avec l'UE et la Banque mondiale, a déjà accordé une bouée de sauvetage de 20 milliards d'euros à la Hongrie et s'apprête à accorder 20 autres milliards à la Pologne -, les pays d'Europe centrale et orientale (PECO) vont subir un « retournement brutal » en raison de la récession mondiale, avec une chute attendue du produit intérieur brut (PIB) de 3,7 % en 2009 avant un timide retour dans le vert en 2010 (+0,8 %).
Pour le FMI, après des années de croissance faste (+5,4 % en 2007, +2,9 % en 2008), les PECO vont pâtir de l'état de « surchauffe » de leur économie et de « leur dépendance excessive » vis-à-vis de capitaux étrangers.
Toujours selon le FMI, la récession s'annonce plus marquée pour les pays Baltes (-10,6 % en 2009 et -2,3 % en 2010), tandis que les États d'Europe centrale devraient limiter la casse (-1,3 % en 2009, +0,9 % en 2010).


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