C'est la plus grave contraction enregistrée depuis le troisième trimestre 1979, et une déception pour les économistes qui tablaient sur un repli du PIB de 1,5 % « seulement » sur le trimestre.
Et ce troisième repli trimestriel d'affilée du PIB a fait ressortir une accélération dramatique de la crise depuis la mi-2008, après -0,7 % au troisième trimestre 2008 et -1,6 % au quatrième.
Ces chiffres ont fait l'effet d'une douche froide dans le pays, où la chasse aux « green shoots » (pousses vertes, ou signes d'un rétablissement de l'économie) était devenue depuis quelques semaines un sport national.
Ce hier, « c'est une pluie de désherbant qui s'est abattue sur les germes de la reprise », a résumé Manoj Ladwa, courtier chez ETX Capital.
Cette dégradation résulte d'une accélération de la chute de l'activité dans les services, qui représente les trois quarts du PIB, en recul de 1,2 % après 0,8 % au trimestre précédent, et dans l'industrie qui s'est contractée de 5,5 % contre 4,5 % au quatrième trimestre 2008.
De quoi discréditer encore un peu plus les projections « roses » du gouvernement, déjà jugées exagérément optimistes.
Mercredi, le ministre des Finances Alistair Darling avait dit tabler sur un repli de 3,5 % du PIB en 2009, avant un retour de la croissance en fin d'année et une progression de 1,25 % de l'activité l'an prochain.
Il avait même affirmé attendre une contraction du PIB au premier trimestre 2009 « d'un montant similaire » au dernier trimestre 2008, bien loin de la brutale aggravation révélée par l'ONS.
Même si les experts n'osent pas croire que la situation pourrait encore empirer dans les mois à venir, ils ont en tout cas estimé que cela rendait encore plus fragiles les espoirs d'un redressement prochain du PIB. La plupart d'entre eux, dont ceux du Fonds monétaire international (FMI), s'attendent à une poursuite de la récession jusqu'au début ou au milieu de 2010, avec une reprise très progressive.
M. Darling, en déplacement à Washington, a maintenu ses prévisions, répétant s'attendre à un « rebond » de l'activité à la fin de l'année.
Mais Howard Archer, du cabinet IHS Global Insight, a dit tabler sur un repli du PIB de 4,2 % en 2009, suivi d'une contraction de 0,2 % l'an prochain. Ce qui rend « les prévisions de déficit budgétaire du chancelier Darling encore plus douteuses », alors que le gouvernement a déjà prévu une hausse historique de la dette publique.
Selon lui, le Royaume-Uni « risque de ne pas renouer avec la croissance avant le deuxième trimestre 2010 », et la Banque d'Angleterre pourrait être forcée de muscler son programme dit d'« assouplissement quantitatif », consistant à gonfler fortement la masse monétaire.
De quoi nourrir les craintes sur la note de crédit du Royaume-Uni, toujours fixée au maximum (AAA), même si le gouvernement a assuré hier ne pas croire à son abaissement, après avoir déjà dû rejeter des spéculations sur un appel à l'aide du FMI, comme dans les années 1970.
L'aggravation de la crise pourrait aussi miner encore plus la popularité du gouvernement, à un peu plus d'un an au maximum des prochaines élections. Ce hier, un sondage publié dans le Daily Telegraph donnait à l'opposition conservatrice 18 points d'avance sur les travaillistes.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine