Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Conflit

Au Sri Lanka, la situation humanitaire est « catastrophique »

Le Nord-Est est en proie à un exode chaotique de dizaines de milliers de civils.
Le Sri Lanka a exclu hier d'amnistier le chef des rebelles tamouls alors que l'armée poursuit son offensive finale dans le Nord-Est. « Le dirigeant des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), Velupillaï Prabhakaran, a repoussé avec mépris la possibilité que nous lui accordions notre pardon (...) Il doit maintenant répondre des conséquences de ses actes », a martelé le président Mahinda Rajapakse. Colombo avait donné jusqu'à mardi à M. Prabhakaran pour se rendre. Acculé et invisible depuis 18 mois, Tigre numéro un, comme on le surnomme, est probablement terré dans la bande de terre de 12 km2 toujours aux mains des insurgés.
En pleine débâcle des Tigres, leur porte-parole Velayudam Dayanidi, alias « Daya Master », et un responsable connu surnommé « George » se sont toutefois livrés à l'armée. Celle-ci a filmé et diffusé à la télévision des images de l'exode de femmes, enfants, hommes et vieillards hagards, chargés de bagages et quittant à pied, à la nage ou en bateau, la dernière poche du LTTE pour se réfugier en territoire gouvernemental. Plus de 100 000 civils ont fui depuis lundi le périmètre des Tigres, s'est félicité le porte-parole des armées, le général Udaya Nanayakkara, ajoutant que 3 000 Tigres faisaient partie de ces réfugiés. « Notre priorité est de sortir ces civils » de la zone des combats, a complété son homologue du ministère de la Défense, Keheliya Rambukwella, répétant que le LTTE était en passe de « perdre » le conflit. Si l'on en croit les chiffres de Colombo, il ne resterait plus d'habitant tamoul dans la zone de guerre puisque le gouvernement les évaluait à 70 000. L'ONU estime toutefois qu'ils seraient encore des dizaines de milliers à servir de « boucliers humains » aux Tigres.
Les gens qui se sont échappés ont raconté leur calvaire à la télévision d'État contrôlée par le régime. Les Tigres « nous tiraient dessus pour essayer de nous empêcher de partir », a affirmé un homme encadré par des soldats. « Ils ouvraient le feu sur nous et ne nous laissaient pas nous en aller », a renchéri une adolescente d'un centre de rétention dans le Nord, à Vavuniya.
Dans cette localité, Médecins sans frontières (MSF) s'est alarmé d'une situation « chaotique » dans un hôpital « saturé ». Aucune information n'est vérifiable dans ce Nord-Est coupé du monde, auquel seule la Croix-Rouge a accès. Celle-ci a d'ailleurs jugé la situation humanitaire « catastrophique », redoutant une « augmentation dramatique » du nombre de civils tués. Des ONG craignent un « bain de sang » lors du dernier coup de boutoir de l'armée. Les morts et les blessés « se comptent certainement par milliers (...) ces derniers mois », a prévenu le porte-parole de l'ONU à Colombo, Gordon Weiss.
Les Tigres avaient accusé les militaires d'avoir massacré lundi plus de 1 000 civils dans des bombardements. L'armée a nié. Mais le département d'État à Washington - bailleur de fonds au Sri Lanka - l'a exhortée à cesser ses « tirs aveugles » et a sommé le LTTE, organisation « terroriste », de laisser partir les civils. La France souhaite, elle, monter avec la Grande-Bretagne, ex-puissance coloniale, une opération pour aider la population à fuir, a plaidé son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. Mais le Sri Lanka - très jaloux de sa souveraineté - rejette tous les appels internationaux et ceux du LTTE à une trêve et reste sourd aux manifestations de la diaspora tamoule en Occident.
À New York, le Conseil de sécurité de l'ONU, inquiet pour le sort des civils, devait se réunir pour évoquer la situation, a annoncé l'ambassadeur de France sur place.
Colombo est convaincu qu'au terme de 37 ans de conflit, l'insurrection séparatiste ne tient plus qu'à un fil, alors qu'elle régnait jusqu'en 2007 sur 18 000 km2 dans le Nord et l'Est, où elle voulait fonder un État indépendant. D'après des experts, la guerre dans l'ex-Ceylan, peuplé de 20 millions d'âmes, s'explique en partie par le ressentiment de la majorité cinghalaise bouddhiste à l'égard de la minorité tamoule hindoue, soupçonnée d'avoir été favorisée par les Britanniques jusqu'à l'indépendance du 4 février 1948.

Le Sri Lanka a exclu hier d'amnistier le chef des rebelles tamouls alors que l'armée poursuit son offensive finale dans le Nord-Est. « Le dirigeant des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), Velupillaï Prabhakaran, a repoussé avec mépris la possibilité que nous lui accordions notre pardon (...) Il doit maintenant répondre des conséquences de ses actes », a martelé le président Mahinda Rajapakse. Colombo avait donné jusqu'à mardi à M. Prabhakaran pour se rendre. Acculé et invisible depuis 18 mois, Tigre numéro un, comme on le surnomme, est probablement terré dans la bande de terre de 12 km2 toujours aux mains des insurgés.En pleine débâcle des Tigres, leur porte-parole...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut