« Les banques centrales doivent faire tout ce qu'elles peuvent pour restaurer, préserver et encourager la confiance des ménages et entreprises afin d'ouvrir la voie à une prospérité durable », a déclaré M. Trichet lors d'une conférence dans la capitale japonaise.
Le président de la BCE a toutefois averti que l'institution devait agir avec prudence pour éviter des prises de risque à moyen terme.
« Nous devons maintenir un équilibre entre la nécessité d'agir immédiatement, à la mesure de la gravité de la situation actuelle, et l'obligation tout autant essentielle de revenir sur une trajectoire durable à moyen et long terme », a-t-il prévenu.
M. Trichet a en outre confirmé que la BCE pourrait annoncer des mesures monétaires non conventionnelles le mois prochain.
« Ce que nous déciderons tiendra compte de la structure financière des économies de la zone euro et sera pleinement en phase avec notre stratégie de moyen terme », a-t-il insisté.
Le président de la BCE a de nouveau rappelé les actions mises en œuvre pour aider le secteur financier, compte tenu du « rôle dominant des banques dans nos économies », lequel justifie selon lui des mesures de soutien inhabituelles.
Depuis le début de la crise financière, la BCE alimente généreusement les banques en liquidité afin de pallier le tarissement des sources de refinancement.
La Banque centrale a simultanément abaissé son principal taux directeur, le faisant descendre encore de 0,25 point au début du mois, à son plancher historique (1,25 %), sans écarter l'hypothèse d'une nouvelle réduction ultérieure. M. Trichet a toutefois à plusieurs reprises indiqué qu'un taux proche de zéro, comme au Japon, n'était pas souhaitable dans la zone euro.
« Un niveau aussi bas que 1,25 % n'a jamais été vu dans l'histoire monétaire européenne d'après-guerre, avec ou sans euro », a-t-il souligné hier, insistant sur le fait que les banques sont ainsi en mesure d'emprunter à bas coûts et d'accorder des crédits « à des conditions très favorables ».
La semaine dernière, M. Trichet avait instamment demandé aux établissements financiers « de faire leur métier », octroyer des prêts, un élément essentiel pour faire redémarrer la machine économique.
Sans écarter la persistance de dangers, M. Trichet a enfin redit hier qu'il espérait voir la reprise s'amorcer courant 2010.
Le président de la BCE s'exprimait devant un parterre d'hommes d'affaires et personnalités des milieux politico-diplomatiques nippons, au moment où le Japon traverse sa plus grave récession depuis 1945 et cherche des moyens pour se protéger à l'avenir des crises économiques extérieures contagieuses.


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