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Moyen Orient et Monde - Reportage

Les colons israéliens affirment être au Golan « pour toujours »

 « La magie du Golan », un film « vivant » pour attirer de nouveaux pionniers sur le plateau syrien.
Une légère bruine tombe sur les spectateurs qui contemplent les paysages à couper le souffle du plateau du Golan, région conquise par Israël sur la Syrie en 1967. Cette scène se déroule dans une salle de cinéma spéciale, qui passe en boucle un film intitulé La magie du Golan.
Pour créer l'illusion auprès des visiteurs et attirer de nouveaux colons, rien n'a été épargné. Des humidificateurs répandent des gouttelettes d'eau au moment où le public aperçoit de la pluie sur l'écran géant, alors que d'immenses ventilateurs imitent les coups de vent. Le film présenté dans un centre commercial à Katzrin, la plus grande localité israélienne du Golan, attire un nombreux public sur ce plateau stratégique qui surplombe la Syrie, Israël et le Liban. Des représentants des 20 000 colons du Golan espèrent que ce film « vivant » va promouvoir le tourisme et convaincre d'autres Israéliens de venir s'installer et rendre ainsi impossible une restitution de cette région à la Syrie.
« Pour ce qui me concerne, le Golan c'est à moi, c'est à nous, c'est nous qui l'avons créé », explique Ramona Bar Lev, une porte-parole du comité des résidents du Golan, ajoutant : « Notre problème est d'en convaincre le gouvernement et la Knesset (le Parlement) » israéliens. Elle reconnaît s'inquiéter de l'avenir, bien que le nouveau gouvernement israélien dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu penche sérieusement à droite.
Israël, officiellement en état de guerre avec la Syrie depuis 1948, occupe le Golan depuis la guerre israélo-arabe de juin 1967. Le plateau a été annexé par l'État hébreu en 1981, mais cette mesure unilatérale n'a jamais été reconnue par la communauté internationale. Plus de 18 000 druzes, qui affirment dans leur très grande majorité être syriens, habitent le Golan. En mai dernier, la Syrie et Israël ont entamé des discussions par l'entremise de la Turquie, alors que les négociations directes sont gelées depuis huit ans. Le président syrien, Bachar el-Assad, exige un retrait israélien total du plateau comme condition de paix. Les discussions se sont achevées en décembre, lorsque Israël a lancé une vaste opération militaire dans la bande de Gaza. Début avril, le nouveau ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a exclu tout retrait du Golan en échange de la paix avec la Syrie. « La paix ne sera conclue qu'en échange de la paix », a souligné M. Lieberman.
Les colons du Golan ne sont toutefois pas entièrement rassurés. « Nous nous méfions des politiciens en général, qu'ils soient du Likoud ou travaillistes », affirme Ramona Bar Lev. Elle souligne que le Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin avait dans un premier temps promis qu'Israël ne céderait jamais le Golan, avant d'accepter l'idée de céder des territoires occupés en échange de la paix. Son époux, le maire de Katzrin, Sammi Bar Lev, explique que si Damas veut la paix, « le prix est bien connu : Israël restera sur le Golan ».
Comme la plupart des colons de la région, il considère qu'un accord de paix avec la Syrie pourrait se résumer à une simple formalité, dans la mesure où il n'y a pas eu de combats entre les deux pays depuis la guerre d'octobre 1973, quand l'armée israélienne a repoussé une offensive syrienne sur le Golan. « Nous avons la paix depuis plus de 30 ans, pourquoi tout changer, si elle n'est pas violée », ajoute le maire de Katzrin, qui compte 7 500 habitants. « Nous sommes présents ici depuis des milliers d'années », martèle-t-il, en montrant du doigt les ruines d'une synagogue datant d'une quinzaine de siècles, avant d'ajouter : « Nous serons encore là dans des milliers d'années. »

Patrick MOSER (AFP)
Une légère bruine tombe sur les spectateurs qui contemplent les paysages à couper le souffle du plateau du Golan, région conquise par Israël sur la Syrie en 1967. Cette scène se déroule dans une salle de cinéma spéciale, qui passe en boucle un film intitulé La magie du Golan.Pour créer l'illusion auprès des visiteurs et attirer de nouveaux colons, rien n'a été épargné. Des humidificateurs répandent des gouttelettes d'eau au moment où le public aperçoit de la pluie sur l'écran géant, alors que d'immenses ventilateurs imitent les coups de vent. Le film présenté dans un centre commercial à Katzrin, la plus grande localité israélienne du Golan, attire un nombreux...
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