« J'ai passé 20 ans de ma vie à réclamer un nouvel ordre économique mondial plus juste et maintenant j'entends dire qu'il faut un nouvel ordre mondial, en finir avec les paradis fiscaux et le manque de régulation du système financier », a-t-il ajouté devant quelque 550 dirigeants politiques et experts réunis pour discuter de l'impact de la crise mondiale sur la région.
« Tous doivent reconnaître humblement que le monde contemporain a exagéré la "dose virtuelle" qui n'était pas juste avec la partie pauvre de l'humanité. Il est inadmissible que quelqu'un gagne des milliards de dollars sans produire absolument rien, en n'échangeant que des papiers », a souligné Lula.
Après avoir rappelé que le Fonds monétaire international (FMI) avait imposé dans le passé de lourdes conditions aux nations en développement pour les aider financièrement, Lula a prôné que « maintenant que les pays qui l'ont créé sont en crise, le FMI doit changer de comportement avec les pays pauvres ».
« Personne ne doit se croire plus important parce qu'il a mis un dollar dans le FMI », a souligné Lula, alors que le Brésil vient de devenir créancier de l'institution financière avec un apport de 1,3 milliard de dollars, après avoir passé des décennies comme débiteur.
Le président brésilien a réclamé également la « création de mécanismes préventifs dans tous les pays pour éviter la spéculation irresponsable ».
Cette rencontre économique se prolongera jusqu'aujourd'hui.
Lula et ses homologues Alvaro Uribe (Colombie) et Oscar Arias (Costa Rica), présents à Rio, voyageront ensuite à Trinidad and Tobago pour participer au sommet des Amériques qui se déroulera du 17 au 19 avril et aura pour but également d'analyser les défis communs auxquels le continent doit faire face avec la crise.
Le forum pour l'Amérique latine est organisé par le gouvernement de Rio de Janeiro en collaboration avec l'agence brésilienne de promotion pour l'exportation et l'investissement (Apex Brasil).
La commission économique des Nations unies pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Cepal) a diffusé récemment un rapport dans lequel elle soutient que la crise financière aura un impact fort et négatif dans la région qui se traduira par une éventuelle diminution des investissements étrangers.
Les experts de la Cepal ont signalé que les investissements étrangers directs en Amérique latine ont chuté de 184 milliards de dollars en 2007 à 89 milliards en 2008 et devraient chuter encore de 50 % en 2009 à 43 millards.
D'autre part, les exportations régionales vers des marchés étrangers ont chuté de 9 % en 2009, selon la Cepal.
En dépit des « efforts des pays pour contrecarrer ses effets, ils peuvent être insuffisants pour éviter la stagnation et même la contraction de l'activité économique », conclut le document.


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