Pour le moment, aucune date n'a été fixée pour la reprise des discussions entre l'Iran et les Six, mais les responsables iraniens insistent sur le fait que ces discussions doivent être élargies et non limitées à la seule question nucléaire. La dernière rencontre entre les deux parties avait eu lieu à Genève l'été dernier.
Les États-Unis, l'Allemagne, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et la Russie avaient annoncé le 8 avril qu'ils allaient adresser à l'Iran une invitation pour une rencontre directe sur son programme nucléaire. Leurs représentants avaient demandé à M. Solana de transmettre l'invitation à Téhéran. Les Six avaient également salué la main tendue à l'Iran par le président américain Barack Obama et sa volonté affirmée de « se joindre à toute rencontre future avec des représentants de l'Iran ». Les Occidentaux soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément.
Toutefois, le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement, Allaedine Boroujerdi, a décelé un changement dans le ton des Occidentaux. « Je pense que l'Occident fait désormais face à de nouvelles réalités car leur changement de ton ne correspond pas à leur position antérieure. Ils ont compris que l'enrichissement d'uranium par l'Iran n'est pas destiné à produire des armes atomiques, mais a un objectif purement civil », a-t-il déclaré selon l'agence ILNA. Dimanche, plusieurs responsables iraniens, dont le président du parlement Ali Larijani, avaient dit que les capitales occidentales devraient accepter la République islamique comme puissance nucléaire civile. « Désormais, le groupe 5+1 n'a aucune raison de refuser et nier la technologie nucléaire de l'Iran, et par conséquent, les futures négociations devront être basées sur les droits contenus dans le Traité de non-prolifération (TNP) », a déclaré M. Larijani.
Le 9 avril, un conseiller du président Mahmoud Ahmadinejad avait dit que l'Iran allait examiner la proposition « constructive » des six grandes puissances. Le même jour, M. Ahmadinejad a inauguré à Ispahan (centre) la première usine de fabrication de combustible nucléaire et annoncé avoir testé deux nouveaux types de centrifugeuses plus puissantes destinées à enrichir de l'uranium. Washington s'est montré sceptique quant à ces annonces. Malgré six années d'enquête approfondie, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) n'est toujours pas capable de dire si le programme nucléaire iranien est totalement pacifique.


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