MM. Abbas et Talabani ont eu des entretiens dans sa résidence présidentielle dans le centre de Bagdad. Le dirigeant palestinien a également rencontré le Premier ministre Nouri al-Maliki qui l'a assuré que « la question palestinienne était chevillée au cœur des Irakiens ».
Mahmoud Abbas est arrivé en fin de matinée à Bagdad pour la première visite d'un dirigeant palestinien en Irak depuis la chute en 2003 du régime de Saddam Hussein, dont Yasser Arafat avait été l'un des rares soutiens arabes lors de l'invasion du Koweït en 1990.
Après l'invasion américaine de mars 2003, la communauté palestinienne a très vite été la cible des milices chiites qui l'accusaient d'avoir été privilégiée par le régime de Saddam Hussein. Très populaire dans les territoires palestiniens, Saddam Hussein, exécuté en décembre 2006, accordait une aide financière aux familles des « martyrs » palestiniens et à celles d'auteurs d'attentats-suicide anti-israéliens. Selon l'ONU, « sur les 34 000 Palestiniens (vivant) en Irak en 2003, on considère que moins de 15 000 sont restés après les attaques répétées dont ils faisaient l'objet ». « Les Palestiniens en Irak ont été évincés de force, arrêtés arbitrairement, détenus de manière abusive, publiquement diffamés, enlevés, torturés et tués », estimait le Haut-Commissariat aux réfugiés (Unhcr) dans un rapport. En février 2007, Mahmoud Abbas avait dépêché un émissaire à Bagdad après avoir dénoncé les « crimes barbares » dont étaient victimes les réfugiés palestiniens en Irak. Des centaines de Palestiniens ont été tués ou sont portés disparus depuis le renversement de Saddam Hussein, selon des chiffres officiels palestiniens. Dans un rapport publié en septembre 2007, l'organisation de défense des droits de l'homme, Amnesty International, avait également dénoncé les « mauvais traitements flagrants » dont sont victimes les réfugiés palestiniens en Irak, lançant un appel tous azimuts pour protéger cette population.
Initialement prévue le 26 mars, la visite de M. Abbas avait été reportée sine die sans explication de l'Autorité palestinienne. « Nous voyons les grands progrès réalisés en Irak, dans la sécurité, dans la démocratie et dans tous les aspects de la vie », s'est félicité M. Abbas en estimant que l'Irak « commençait à guérir ». Bagdad cherche à retrouver une diplomatie active alors que la baisse des violences permet de croire à un début, timide mais réel, de normalisation du pays.


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