Selon le ministère, les réserves de brut ont progressé de 2,8 millions de barils à 359,4 millions de barils, au cours de la semaine achevée le 27 mars. Ces réserves sont supérieures de 15,5 % à leurs niveaux de l'an dernier et à leur plus haut niveau depuis 1993.
De surcroît, alors que le marché tablait sur une baisse des stocks de produits pétroliers, ils se sont eux aussi étoffés : les réserves d'essence ont progressé de 2,2 millions de barils, celles de distillats de 300 000 barils.
« Il n'y a pas grand-chose de positif dans ces chiffres », a commenté Christophe Barret, analyste chez Calyon, tout en estimant qu'ils ne devraient avoir qu'un impact limité sur les prix.
En plus des craintes suscitées par le niveau anormalement élevé des stocks américains, les prix intègrent une dégradation permanente des conditions économiques mondiales, qui risque d'amputer encore la consommation d'or noir. Des indicateurs économiques ont apporté hier de nouvelles preuves en ce sens : le secteur privé aux États-Unis a détruit 742 000 emplois en mars, selon une étude du cabinet de conseil en ressources humaines ADP publiée hier, un chiffre dépassant les pires scénarios.
Par ailleurs, l'activité dans le secteur manufacturier de la zone euro a connu une nouvelle contraction en mars, tandis que le taux de chômage dans la zone euro a atteint 8,5 % au mois de février, du jamais-vu depuis mai 2006, avec 319 000 chômeurs supplémentaires en un mois.
Dans un tel contexte, l'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui prévoit déjà en 2009 un déclin de 1,2 million de barils par jour de la demande pétrolière, pourrait être contrainte de réviser encore à la baisse ce chiffre.
La seule note d'optimisme a été apportée par un rapport du cabinet suisse PetroLogistics, selon qui l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) aurait persévéré au mois de mars dans ses efforts pour réduire son offre et rééquilibrer le marché. Selon ce cabinet, l'OPEP 11 (ses membres soumis à des quotas, excluant l'Irak) aurait produit 25,5 mbj, 200 000 barils de moins qu'en février. Cette production s'approcherait de la cible fixée en décembre à 24,84 mbj.
Une série d'événements exogènes au marché du pétrole pourrait jouer sur le niveau des prix dans les jours à venir : aujourd'hui, les dirigeants des principaux pays développés et émergents se réunissent pour le sommet du G20 à Londres consacré à la lutte contre la crise économique mondiale. Aujourd'hui aussi, la Banque centrale européenne (BCE) prendra sa décision de politique monétaire, ce qui pourrait jouer sur le niveau du dollar, favorisant ou décourageant les achats de matières premières en dollars.
Clou de la semaine, les chiffres de l'emploi américain donneront demain une indication importante sur la santé du premier consommateur mondial de pétrole.


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