Moody's a également relevé la notation de plafond souverain pour les dépôts bancaires en devises de B3 à B2, ainsi que la notation de plafond souverain pour les obligations en devises de B2 à B1.
« Les finances publiques du Liban ont fait preuve ces dernières années d'une remarquable résistance face à des chocs économiques et politiques sérieux. Cela est dû à la résilience du système bancaire, qui est le principal créditeur du gouvernement », a expliqué l'analyste Tristan Cooper, cité dans le communiqué. « La confiance dans le système financier du pays a été soutenue par le coussin important de réserves en devises de la Banque centrale, qui protège le régime de change, et par la régulation efficace des banques locales », a-t-il ajouté.
Selon le communiqué, les réserves en devises de la BDL sont passées de 9,8 milliards de dollars fin 2007 à 17,6 milliards en janvier 2009, « ce qui met l'indice de vulnérabilité externe du pays dans une position plus favorable pour protéger le pays des chocs et fournir une ample couverture à la dette en devises arrivant à échéance ».
L'agence a relevé que depuis le swap du mois dernier, le gouvernement ne doit pas faire face à des échéances significatives en devises avant mars 2010. Au total, environ 2 milliards d'eurobonds arriveront à échéance l'année prochaine.
Moody's a souligné également que la Banque centrale détient des réserves importantes en or, estimées à 8,5 milliards de dollars en janvier, mais la liquidité de ces réserves est limitée par l'approbation nécessaire du Parlement en cas de vente, a-t-elle ajouté.
Quant aux banques commerciales, elles demeurent liquides et bien capitalisées, a poursuivi l'agence. Le secteur continue d'attirer des capitaux de l'étranger, la croissance des dépôts ayant atteint 14 % en janvier, sur un an. Moody's a noté que les banques locales ne sont pas exposées à des produits toxiques ou à des institutions étrangères en faillite, en partie grâce à la réglementation rigoureuse de la BDL. Tout en reconnaissant le risque d'une baisse des dépôts en cas de troubles politiques ou économiques sérieux, elle a souligné que leur évolution a été stable au cours des crises précédentes, car les dépôts proviennent essentiellement de la diaspora.
« Moody's est bien consciente des vulnérabilités politiques et économiques significatives du Liban. Cela inclut de larges déficits jumeaux (NDRL : déficit public et déficit de la balance courante), une dette publique très importante, un environnement politique local instable et une situation géopolitique précaire », a affirmé M. Cooper. L'agence a d'ailleurs mis en garde contre une dégradation du climat politique avec les élections de juin. Rien ne garantit que la faible efficacité du gouvernement s'améliorera après les législatives, a-t-elle poursuivi, en soulignant son « inquiétude » face à l'inertie au niveau des réformes dont le pays a tant besoin. D'autant que l'économie du pays devrait souffrir cette année.
L'agence s'attend en effet à ce que le secteur réel et la balance des paiements soient affectés par une baisse de la demande externe et des transferts de la diaspora. « Toutefois, Moody's considère que ces risques sont pris en compte dans la notation B2, qui est basse sur l'échelle globale de l'agence », a conclu Tristan Cooper.

