Outre la question d'un État palestinien, les chancelleries étrangères redoutent un raidissement sur la colonisation juive en Cisjordanie, ou encore un dialogue plus difficile avec le monde arabe. De nombreux responsables étrangers avaient discrètement placé leurs espoirs dans la rivale de M. Netanyahu, Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères dans le cabinet sortant et désormais remplacée par l'ultranationaliste Avigdor Lieberman.
Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a implicitement trahi hier l'embarras international en adressant des « félicitations » et des vœux de « partenariat confiant » à M. Netanyahu, tout en insistant sur la nécessité de parvenir à « l'émergence d'un État palestinien ». « Il y a des décisions qui doivent être prises maintenant qui sont des décisions claires et évidentes », a déclaré l'envoyé spécial du quartette pour le Proche-Orient, Tony Blair, en appelant à une solution à deux États. Dans un message similaire, la chancelière allemande Angela Merkel a dit espérer « des progrès décisifs (vers) une solution à deux États ». De même, dans un message à M. Netanyahu, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a affirmé que celle-ci était prête à travailler avec le nouveau cabinet israélien en quête d'une paix « basée sur deux États vivant côte à côte en paix et prospérité ». « Nous continuerons à travailler avec le gouvernement israélien, mais nous avons toujours dit très clairement que nous attendons qu'il s'engage sur une solution à deux États » israélien et palestinien, a également expliqué la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner. Enfin, l'administration américaine a réaffirmé son attachement à la solution « à deux États », après la mise en cause par M. Lieberman de la validité de l'engagement pris en ce sens à Annapolis.
Et tard en soirée, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé M. Netanyahu à œuvrer à la création d'un État palestinien.
Pour Antoine Basbous, directeur de l'Observatoire des pays arabes (OPA), les Occidentaux « ne jetteront pas l'opprobre sur Israël, ils n'appelleront pas au boycott ou quoi que ce soit de similaire ». Les pays arabes, quant à eux, seront plus critiques, mais « ils comptent sur le président américain Barack Obama pour assouplir la position israélienne », ajoute-t-il.
Le choix d'Ehud Barak pour conserver le portefeuille sensible de la Défense vise manifestement à calmer les inquiétudes internationales, mais les spécialistes sont partagés sur cette stratégie. « Nous sommes moins inquiets avec la participation de Barak au gouvernement. Cela recentre l'équipe. Les différentes composantes de la coalition israélienne ont plutôt bien négocié entre elles », estime un diplomate français. David Makovsky, du Washington Institute for Near East Policy, pense aussi que « l'entrée d'Ehud Barak dans le cabinet Netanyahu devrait apporter de l'équilibre et de la stabilité ». « Les officiels américains le connaissent bien, cela pourrait aider Netanyahu à désamorcer des tensions avec Washington », ajoute M. Makovsky dans une tribune publiée par son institut.
Pour Antoine Basbous en revanche, le dirigeant travailliste « rend ce gouvernement plus présentable », mais sur le fond, cet artisan de la meurtrière offensive sur Gaza de l'hiver dernier « n'est pas un homme de paix ». « On cherche une feuille de vigne pour ne pas critiquer ouvertement ce gouvernement, et cette feuille de vigne c'est Ehud Barak », estime-t-il.


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