Moscou a toujours refusé de parler de guerre, considérant qu'il ne s'agissait que d'une opération « antiterroriste » sur un territoire de la Fédération de Russie. Le président de la Douma (Chambre basse du Parlement), Boris Gryzlov, a aussi confirmé que le sujet était à l'ordre du jour. « La situation s'améliore (en Tchétchénie) et je pense qu'on peut examiner la question de mettre fin à l'opération antiterroriste dans cette république », a estimé M. Gryzlov, cité par l'agence ITAR-Tass.
Une telle décision donnera le signal du départ pour « plus de 20 000 militaires des troupes russes de l'Intérieur déployés temporairement en Tchétchénie » dans le cadre de cette opération, a affirmé une source des forces de l'ordre citée par l'agence Interfax. La 42e division motorisée (environ 10 000 hommes) de l'armée de terre et la 46e brigade du ministère de l'Intérieur y resteront toutefois, de façon permanente, au même titre que les forces armées déployées dans d'autres régions de la Fédération de Russie, a indiqué une source au ministère de l'Intérieur citée par ITAR-Tass. « Les forces de l'ordre de la Tchétchénie sont capables de contrôler pleinement la situation, de lutter contre les restes de bandes armées peu nombreuses et d'empêcher une aggravation de la situation ainsi que l'entrée sur le territoire de la république de mercenaires étrangers et terroristes », a affirmé M. Kadyrov, cité par Interfax. La présence des troupes fédérales en Tchétchénie coûte cher à Moscou, « ce qui est assez problématique dans des conditions de crise financière mondiale », a souligné M. Gryzlov. Selon certains analystes, l'aspect financier est primordial. « Dans des conditions de crise, les autorités doivent choisir comment dépenser au mieux l'argent : le donner (...) pour la seule reconstruction de la république ou bien continuer à le dépenser et pour la reconstruction et pour le financement des troupes », estime Alexeï Malachenko du centre Carnegie.
Moscou a lancé son opération contre la Tchétchénie en octobre 1999, après une attaque des indépendantistes tchétchènes contre la république caucasienne russe du Daguestan et plusieurs attentats meurtriers contre des immeubles en Russie, attribués aux Tchétchènes par le pouvoir fédéral. Les combats de grande envergure se sont terminés vers 2002 et le président Poutine avait alors déclaré que la phase militaire du conflit était terminée. Mais une guérilla protchétchène continue d'attaquer des militaires et des policiers en Tchétchénie et dans les républiques voisines de l'Ingouchie et du Daguestan.


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