Selon le rapport, dans plusieurs cas, les forces israéliennes « n'ont pas autorisé l'évacuation de civils blessés, bloqués (sur les champs de bataille) pendant plusieurs jours, et ont laissé des civils sans nourriture et sans eau pendant des périodes considérables ». « Il ressort de ces incidents que l'armée a non seulement empêché l'évacuation de familles assiégées et blessées, mais a aussi interdit aux équipes médicales palestiniennes de les atteindre. » Selon PHR, 16 secouristes palestiniens ont été tués par des tirs israéliens et 25 autres blessés en accomplissant leur travail durant l'offensive. Durant la même période, l'armée israélienne a attaqué 34 établissements médicaux, dont huit hôpitaux et 26 dispensaires, a ajouté l'ONG.
Ces actions constituent une violation « du code éthique dans la lutte contre le terrorisme » adopté par l'armée israélienne en 2004 et les préceptes de la loi internationale interdisant les attaques contre les établissement médicaux en temps de guerre, affirme PHR. Le président de PHR, Dani Filc, a appelé à une « enquête neutre » sur ces violations.
Réagissant au rapport, l'armée a souligné dans un communiqué que les « allégations » de PHR avaient déjà fait l'objet d'un recours présenté par l'ONG à la Cour suprême, et que cette dernière l'avait rejeté. L'armée a néanmoins mené sa propre enquête sur la question et entend en publier les conclusions lorsqu'elle sera achevée, ajoute le communiqué. Israël a en outre accusé les combattants palestiniens du Hamas à Gaza de s'être servis durant le conflit « de véhicules, d'établissements et d'uniformes médicaux pour dissimuler et camoufler des activités terroristes ».
À Genève, un expert de l'ONU réclame une enquête sur l'offensive israélienne contre la bande de Gaza, en soulignant qu'« il y a des raisons de conclure » qu'elle constitue un « crime de guerre de la plus grande ampleur », dans un rapport dont l'AFP a obtenu copie. Dans ce texte qu'il a présenté hier devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, le rapporteur spécial onusien sur la situation dans les territoires palestiniens, Richard Falk, appelle à une « enquête d'experts » pour déterminer si, étant donné le contexte, il était possible aux Israéliens de distinguer entre cibles militaires et population civile. « Si ce n'était pas possible, alors l'offensive est par nature illégale et constitue un crime de guerre de la plus grande ampleur », écrit-il.
M. Falk souligne au passage que « sur la base des éléments de preuve actuellement disponibles, il y a des raisons d'en arriver à cette conclusion ». Il estime que le « recours à la force » par Israël pour faire cesser les tirs de roquettes palestiniennes sur son territoire - motif invoqué pour le déclenchement de l'offensive - n'était « pas justifié du point de vue légal étant donné (...) les alternatives diplomatiques disponibles ».


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