Déterminé à « rechercher un dialogue honnête et fondé sur le respect mutuel », M. Obama rompt avec la politique de son prédécesseur George W. Bush en reconnaissant le régime islamique comme un interlocuteur possible pour le gouvernement américain, après trois décennies de conflit larvé. Le passif entre les deux pays reste lourd : ils n'ont plus de relations diplomatiques depuis 1980, l'intervention militaire est une option que les Américains se réservent pour empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire, et les intérêts américains et iraniens se sont heurtés frontalement ces dernières années au Proche-Orient ou au Conseil de sécurité des Nations unies.
En promettant une « diplomatie qui traite la totalité des problèmes », M. Obama tient l'une de ses grandes promesses, celle de donner sa chance au dialogue avec les adversaires des États-Unis, l'Iran au premier rang d'entre eux, et de rompre avec la diplomatie de George W. Bush, qui avait classé l'Iran parmi les pays de « l'axe du mal ». Le message de M. Obama, qui avait promis peu après son investiture de tendre la main si les dirigeants iraniens voulaient « desserrer le poing », fait écho à distance au message que lui avait adressé le président iranien Mahmoud Ahmadinejad après sa victoire à la présidentielle américaine en novembre. M. Ahmadinejad avait félicité M. Obama, mais lui avait demandé un changement radical de la politique américaine. L'équipe Obama cherchait depuis des mois une ouverture avec l'Iran. Elle a donc saisi l'occasion de Norouz, la grande fête annuelle et familiale en Iran.
Admettant les « graves divergences » qui « se sont amplifiées avec le temps » entre les deux pays, M. Obama affirme que « les États-Unis veulent que la République islamique d'Iran prenne la place qui lui revient dans la communauté des nations ». Mais « on ne peut obtenir cette place par la terreur ni par les armes, mais par les agissements pacifiques », prévient-il, en insistant sur le fait que « ce processus ne progressera pas par la menace ».
La réaction iranienne, très attendue, a été positive mais prudente. « Nous accueillons favorablement la volonté du président américain de mettre de côté les différences passées, mais le moyen d'y arriver n'est pas de demander à l'Iran d'oublier unilatéralement l'attitude agressive des États-Unis par le passé », a déclaré à l'AFP Ali Akbar Javanfekr, le conseiller de presse du président Mahmoud Ahmadinejad. En visite à Istanbul, le ministre iranien de l'Énergie, Parviz Fattah, a également jugé ce message « clairement positif », tout en soulignant qu'« en plus des paroles », l'Iran avait « besoin d'actes ».
La Russie a elle aussi « salué » l'initiative de Barack Obama, estimant que « le début d'un dialogue substantiel va faciliter la renaissance de la confiance (entre les deux pays) », selon le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov.
Le diplomate en chef de l'Union européenne Javier Solana a de son côté espéré qu'un « nouveau chapitre » puisse s'ouvrir dans les relations avec l'Iran après le message envoyé par Barack Obama à Téhéran.
« Que le président américain veuille se réengager au service de la paix » en s'adressant au peuple iranien directement tout en mettant en garde le régime, « c'est que du positif », a pour sa part estimé le président français Nicolas Sarkozy.
Enfin, le président Shimon Peres a adressé à la radio ses vœux au peuple iranien, l'appelant à rompre avec la « politique anti-israélienne » de Téhéran.


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