Selon les chiffres corrigés des variations saisonnières publiés hier par le département du Travail, les prix à la consommation ont augmenté en février de 0,4 % par rapport au mois précédent, après une hausse de 0,3 % en janvier.
La hausse est un peu plus forte que prévu par les analystes (+0,3 %) et semble confirmer le rebond de janvier, arrivé après trois mois de baisse. C'est l'inflation la plus forte relevée depuis le mois de juillet.
En glissement annuel, les prix à la consommation ont légèrement haussé, augmentant de 0,2 % en février, après avoir vu leur hausse progressivement diminuer au cours des mois précédents, jusqu'à être nulle en janvier.
L'inflation de base (hors alimentation et énergie) a atteint 0,2 % en février par rapport à janvier, soit autant que le mois précédent, et 0,1 point de plus que ce sur quoi tablaient les analystes.
L'indice de base comme l'indice général sont bien inférieurs à ce qu'ils étaient en novembre 2007 à la veille de l'entrée du pays en récession, et le principal moteur de la hausse de l'indice général le mois dernier a été une forte poussée des prix de l'essence (+8,3 % par rapport à janvier).
« La bonne nouvelle » liée à la « résistance de l'inflation de base » est « que cela nous permet de garder un peu de distance vis-à-vis de la menace d'une déflation », écrit Nigel Gault, économiste d'IHS Global Insight.
« Je pense qu'on peut oublier presque pour de bon » les craintes de déflation, estime de son côté l'économiste indépendant Joel Naroff.
« En même temps, la hausse des prix ne menace pas vraiment », vu la récession que traverse le pays. Donc, « au moins pour le moment, la Fed peut se concentrer sur le secteur financier en se souciant au minimum de l'inflation, à court terme », ajoute M. Naroff.
Pour soutenir le système financier et l'économie en général, la Réserve fédérale américaine (Fed) injecte depuis plusieurs mois des centaines de milliards de dollars dans le circuit économique. L'augmentation de la masse monétaire qui en découle a fait naître des craintes d'une forte inflation à venir.
Le plan de relance budgétaire de 787 milliards de dollars promulgué en février n'a rien fait pour les apaiser, mais pour M. Naroff, il n'y a pas lieu de s'inquiéter de l'inflation avant l'année prochaine.
Le comité de politique monétaire de la Fed était réuni mercredi à Washington et les observateurs devaient être attentifs à l'évolution de l'appréciation de la Fed en ce qui concerne les prix. Lors de sa réunion de janvier, la Banque centrale, soucieuse d'éviter une déflation aux effets potentiellement dévastateurs, jugeait encore que les pressions déflationnistes n'avaient pas totalement disparu.
Les chiffres de février montrent « une inflation faible et pas de chute des prix, voilà une bonne nouvelle qui tombe à pic pour l'économie américaine », juge Andres Carbacho-Burgos, économiste de Moody's Economy.com.
« Si la Fed peut obtenir une inflation inférieure à celle d'il y a un an au moment de l'emballement des prix de l'énergie tout en évitant une déflation, alors elle a fait ce qu'il fallait sur le front des prix », ajoute-t-il.
Pour Dean Baker, du Centre de recherche pour l'économie et la politique, une « inflation faible permettra d'alléger le poids de la dette », à l'heure où le déficit budgétaire américain atteint des records.
Voix discordante, Elsa Dargent, économiste de Natixis, estime que la récession continue d'entraîner les prix vers le bas et que « l'inflation devrait devenir négative à court terme ».


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