« Une telle pénurie d'offres pourrait être catastrophique », a-t-il prévenu.
Alors que les prix du pétrole se sont effondrés et peinent à dépasser les 50 dollars le baril de 159 litres, consommateurs et producteurs ont pris acte de la baisse des investissements dans l'exploration et soulignent d'une seule voix le risque d'une nouvelle flambée des prix en raison du désinvestissement.
« Nous avons tous entendu parler de suppressions de projets, de retards et d'annulations. Cela met en péril l'offre de brut », a ainsi déclaré le secrétaire général de l'OPEP, Abdallah el-Badri.
Pour ce qui concerne l'OPEP, quelque 35 projets d'exploration ont ainsi été retardés ou annulés depuis l'été.
« Les bas prix d'aujourd'hui préparent le terrain pour une nouvelle poussée de prix à l'avenir », selon le numéro deux du Fonds monétaire international (FMI), John Lipsky, qui s'exprimait lui aussi sous les dorures du palais impérial à Vienne.
« Cette période de sous-investissement va automatiquement conduire à une autre période d'approvisionnements très justes » (par rapport à la demande), a abondé David O'Reilly, le président de la société pétrolière américaine Chevron.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE), qui défend les intérêts des consommateurs, a, elle aussi, exprimé son inquiétude.
Selon son directeur général, Nobuo Tanaka, « si trop peu de compagnies ont la volonté et la capacité financière d'investir pendant le cycle de baisse (des prix), cela conduira à une nouvelle pénurie de ressources et d'autres flambées des prix dans quelques années, quand l'économie sera en voie de rétablissement et que les capacités se resserreront de nouveau ».
Pour faire face au déclin des gisements pétroliers et répondre à la croissance de la consommation mondiale d'ici à 2030, il faudra développer une capacité de production de 64 millions de barils par jour, soit sept fois la production de l'Arabie saoudite (8 mbj, NDLR), a rappelé M. Tanaka.
L'OPEP estime que le niveau de prix requis pour continuer à investir est un baril à 75 dollars.
« Nous avons besoin de prix plus élevés », a martelé Abdallah el-Badri.
Selon le ministre vénézuélien du Pétrole, Rafael Ramirez, « c'est seulement à 70 dollars le baril que nous pourrons financer les investissements nécessaires pour soutenir la capacité de l'OPEP ».
Le bas niveau des cours « réduit la valeur de projets potentiels », par exemple dans les sables bitumineux au Canada, et « force les producteurs à rechercher des financements extérieurs », selon M. Lipsky.
L'OPEP estime que la consommation mondiale d'énergie augmentera de 50 % en deux décennies, d'ici à 2030.
Sur cette période, les énergies fossiles représenteront encore plus de 80 % de l'énergie dans le monde. Parmi elles, « le pétrole continuera à jouer un rôle dominant, même si sa part sera légèrement inférieure d'ici à 2030 », a souligné M. el-Badri.


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