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Économie - France

Faire payer les riches contre les effets de la crise : l’Hexagone s’interroge

Le chef de l'État a exclu une suspension du « bouclier fiscal ».
Alors que la crise économique pèse sur le budget des ménages modestes en France, le pays s'interroge au nom de la justice sociale sur la possibilité de faire payer les riches, heureux bénéficiaires d'une mesure emblématique de la politique du président Nicolas Sarkozy.
Interpellé par l'opposition de gauche mais aussi par des députés de son camp, le chef de l'État a exclu une suspension du « bouclier fiscal » plafonnant l'impôt à 50 % des revenus, une promesse électorale de M. Sarkozy supposée lutter contre l'exil fiscal de ses compatriotes les plus riches.
« Je ne veux pas enrichir Monaco, moi. Je ne veux pas enrichir la Suisse, je ne veux pas enrichir l'Autriche », a répondu mardi le président, au cours d'un déplacement dans l'Est, soulignant que son « but » est de « faire investir en France des gens qui ont de l'argent », mais non pas « de les faire partir ».
Pour le ministre du Budget, Éric Woerth, le « bouclier fiscal » est une mesure « juste » qui a permis que « les gens reviennent en France avec leurs capitaux et leurs investissements ».
Sur les 35 millions de foyers fiscaux recensés en France, environ 14 000 très favorisés ont bénéficié d'un remboursement en 2008 au titre de ce dispositif pour un coût total de 458 millions d'euros. Dès l'adoption de cette mesure en été 2007, la gauche avait dénoncé un « cadeau » fait aux plus riches.
En ces temps de crise qui voient les déficits français se creuser, cette mesure est devenue « une sorte de symbole d'iniquité fiscale », a estimé le député de droite René Couanau, qui plaide en faveur de sa suspension, « un geste symbolique pour accroître la confiance » des Français envers leur gouvernement.
Il a été approuvé par l'ancien Premier ministre de droite Dominique de Villepin qui a regretté que le gouvernement ne reprenne pas à son compte « un geste très fort de justice sociale dans cette période » de crise, une attitude dont s'est réjouie la dirigeante socialiste Martine Aubry. Pour Mme Aubry, l'argument de l'attractivité de la France invoqué pour la mise en place du dispositif n'est même pas justifié, puisqu'il « n'a pas entraîné inventivité ou efficacité, mais a permis à certains d'avoir un peu plus ».
Les socialistes ont déposé une proposition de loi et lancé une pétition auprès de la population pour exiger « l'abrogation de l'ensemble du paquet fiscal », des mesures décidées au début de son mandat par M. Sarkozy. Elles s'élèvent à 13,8 milliards d'euros par an et sont considérées par la gauche comme favorables uniquement aux ménages les plus aisés.
Le dirigeant centriste François Bayrou a aussi demandé la suppression du bouclier fiscal, une « injustice », « un système insupportable », « un scandale en temps de crise ».
Pour l'économiste proche des socialistes, Thomas Piketty, un tel bouclier fiscal n'aurait de sens que s'il s'appliquait à des revenus plafonnés car, selon lui, « la taxation des revenus exorbitants est non seulement possible économiquement, mais souhaitable ».
Il rappelle dans une tribune publiée dans le quotidien Libération que le président américain du New Deal, Franklin Roosevelt, avait progressivement porté l'impôt fédéral pour les plus riches de 25 % à son arrivée au pouvoir en 1936 à 91 % en 1941. Un taux qui restera appliqué jusqu'en 1964 et qui n'est jamais descendu à moins de 70 % dans les années 70.
« Cela n'a pas tué le capitalisme et n'a pas empêché l'économie américaine de fonctionner », juge-t-il.
Alors que la crise économique pèse sur le budget des ménages modestes en France, le pays s'interroge au nom de la justice sociale sur la possibilité de faire payer les riches, heureux bénéficiaires d'une mesure emblématique de la politique du président Nicolas Sarkozy.Interpellé par l'opposition de gauche mais aussi par des députés de son camp, le chef de l'État a exclu une suspension du « bouclier fiscal » plafonnant l'impôt à 50 % des revenus, une promesse électorale de M. Sarkozy supposée lutter contre l'exil fiscal de ses compatriotes les plus riches.« Je ne veux pas enrichir Monaco, moi. Je ne veux pas enrichir la Suisse, je ne veux pas enrichir l'Autriche », a répondu...
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