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Cinema- - Entre Parenthèses

Gran(d) Eastwood

« L'homme  sans nom » (« The man without name ») de la trilogie de Sergio Leone en a actuellement une dizaine. Mais de Walt Coogan (Coogan's Bluff), David Garver (Play Misty for Me), Harry Callahan (Dirty Harry), William Munny (Unforgiven), Frank Horrigan (In the Line of Fire), Robert Kincaid (The Bridges of Madison County), Luther Whitney (Absolute Power) ou encore Dr Frank Corvin (2000 Space Cowboys ) et Walt Kowalski (Gran Torino), pour n'en citer que ceux-là, on n'en retiendra qu'un seul, Clint Eastwood, dont l'anagramme est étrangement « old west action ».
Icône des films machos, légende vivante, Clinton Eastwood Jr n'a jamais eu peur de montrer son côté obscur ou de casser les mythes pour mieux reconstruire. Il n'est pas simplement un « action-hero », comme certains le pensent, mais quelqu'un qui aura tout essayé, tout osé et pris tous les risques durant sa longue carrière composée à peu près d'une cinquantaine de films entre interprétation, réalisation et production.
À l'âge où certains prennent leur retraite, le septuagénaire à la silhouette droite, au corps fuselé et noueux et aux rides qui font un pied de nez à la botox-attitude, semble avoir fait une cure de jouvence (serait-ce  le syndrome  Benjamin Button ?). Actuellement à son actif, deux films par an, un langage cinématographique épuré et un jargon minimaliste qui se résume par « ok » tenant lieu de « action » et  « cut » pour amorcer ou achever un tournage. Lancé sur le ring comme sa Million Dollar Baby, Eastwood en a pris des coups de poing dans sa vie, mais il s'en est toujours relevé avec un optimisme à toute épreuve.
De la série Rawhide, où le western faisait son entrée au petit écran, à son film Unforgiven, western crépusculaire où il déstructurait tous les mythes du genre, en passant par les autres, surnommés spaghettis, de Sergio Leone (Per un pugno di dollari, Per qualche dollaro in più et Buono, il brutto, il cattivo), dans lesquels l'acteur arborait le même poncho (jamais lavé, dit-on),  ce cow-boy teigneux a dégainé tous ses colts.
Mystérieux, introverti, l'air un tantinet snobish malgré une attitude cool. Pinçant les lèvres, plissant les yeux. Tantôt « good », tantôt  « bad », mais jamais « ugly », cette grande gueule du cinéma américain s'amuse, avec cynisme mais toujours avec humour, à détourner les codes rigides avec une liberté créative. À la manière de son Midnight in the Garden of Good and Evil, les personnages qu'il campe et les héros qu'il dirige ne sont que des antihéros aux défauts qui donnent plus de relief au caractère.
Clint Eastwood a toujours créé la surprise. À l'heure où le star-system déclinait, il s'est tourné vers l'Italie et à l'heure où sa propre étoile déclinait, l'acteur est passé derrière la caméra. Dans et hors du système, Eastwood tourne toujours à l'écart des modes. Il illustrera sa passion pour le blues dans Bird ainsi que dans les bandes-son choisies par lui et interprétées par son fils. Sa soif de vérité l'amènera (et il est le seul à l'avoir fait, car il a compris que la vérité n'était pas unique) à donner deux versions de l'histoire vues par deux camps adverses : Flags of our Fathers/version américaine ; Letters of Iwo Jima/version japonaise. Il séduira par ailleurs Merryl Streep avec autant de conviction que dans ses thrillers.    
Au fil des ans, Eastwood aura remporté, entre autres distinctions : le Kennedy Center Honors Award et le Lifetime Career Achievement Award du National Board of Review de New York (2000), une citation au titre de « Favorite All-Time Movie Star aux People's Choice Awards 1999, 5 People's Choice Awards au titre de  « Favorite Motion Picture Actor », un César d'honneur (1998), le Golden Laurel Lifetime Achievement Award de la Producer's Guild of America (1998), le Life Achievement Award de l'American Film Institute et de la Film Society at the Lincoln Center (1996) ainsi que le prestigieux Irving G. Thalberg Award de l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences (1995).
Tout comme son prédécesseur John Ford, auquel on le compare, il aura travaillé dans l'épure et la grandeur de l'image, mais aussi dans la lumière et l'ombre. Enfin, le petit cow-boy qui mâchouillait son cigare a réussi à se faire un nom. Et un grand.
« L'homme  sans nom » (« The man without name ») de la trilogie de Sergio Leone en a actuellement une dizaine. Mais de Walt Coogan (Coogan's Bluff), David Garver (Play Misty for Me), Harry Callahan (Dirty Harry), William Munny (Unforgiven), Frank Horrigan (In the Line of Fire), Robert Kincaid (The Bridges of Madison County), Luther Whitney (Absolute Power) ou encore Dr Frank Corvin (2000 Space Cowboys ) et Walt Kowalski (Gran Torino), pour n'en citer que ceux-là, on n'en retiendra qu'un seul, Clint Eastwood, dont l'anagramme est étrangement « old west action ».Icône des films machos, légende vivante, Clinton Eastwood Jr n'a jamais eu peur de montrer son côté obscur ou de casser les mythes pour mieux reconstruire. Il n'est pas...
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