« Notre rencontre intervient à un point critique de l'histoire pour l'Afrique », a assuré M. Strauss-Kahn.
« La crise financière mondiale, que l'on peut quasiment qualifier à présent de grande récession, fournit une sombre toile de fond à notre conférence », a expliqué M. Strauss-Kahn.
Selon lui, les prochaines prévisions du FMI devraient faire « apparaître une croissance mondiale qui, pour la première fois depuis 60 ans, sera une croissance mondiale négative ».
« Même si la crise a été lente à atteindre les rivages de l'Afrique, nous savons tous qu'elle arrive et que son impact sera sévère », a-t-il dit, citant la chute des échanges commerciaux, la diminution des envois d'argent par la diaspora, et l'amenuisement des investissements étrangers et de l'aide.
La croissance économique du continent devrait progresser d'environ 3 % en 2009, loin des 5,4 % de croissance enregistrés en 2008.
« Même cette donnée pourrait s'avérer trop optimiste si la crise empirait », a jugé M. Strauss-Kahn.
Il a insisté sur la nécessité d'une réponse urgente pour l'Afrique, où les variations des performances économiques sont une question de vie ou de mort.
« Et la menace n'est pas seulement économique ; il y a un risque certain que des millions (d'Africains) replongent dans la pauvreté », a-t-il averti.
« Il ne s'agit pas seulement de protéger la croissance économique ou le revenu des ménages, mais de contenir également la menace de violences civiles, peut-être même d'une guerre », a-t-il expliqué.
Pour le président tanzanien Jakaya Kikwete, « la crise actuelle représente le plus grand danger de l'histoire récente pour le développement de l'Afrique ».
« Des institutions financières privées dans des pays développés ont reçu plus de soutien financier que l'ensemble du continent africain », a aussi relevé M. Strauss-Kahn, en référence par exemple aux 170 milliards de dollars débloqués par les États-Unis pour sauver l'assureur AIG.
« À un moment où la communauté internationale trouve des centaines de milliards de dollars pour la résolution de la crise, je ne peux accepter que nous ne soyons pas capables de trouver des centaines de millions pour les pays à faibles revenus », a-t-il lancé.
Le FMI a averti que les progrès réalisés ces dix dernières années par le continent risquaient d'être balayés par la crise.
La voix de l'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, est venue s'ajouter au pessimisme ambiant, qualifiant la crise de « version économique d'un tsunami ».
M. Annan a appelé les pays donateurs à respecter leurs engagements au prochain sommet du G-8 en juillet en Italie.
Mais le musicien et militant Bob Geldof a dénoncé l'hypocrisie des pays riches, uniquement préoccupés par leur propre salut, selon lui.
Le président du Conseil italien Silvio « Berlusconi s'en fout royalement. Ça n'apparaît pas sur son radar. Pourquoi les Africains se rendent-ils (au G-8) s'ils ne vont rien en retirer ? » a-t-il déclaré.


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