« Comme je l'ai dit hier (samedi) dans mes déclarations après avoir remis ma démission au président, nous sommes confiants dans le fait que le dialogue du Caire mènera à la formation d'un gouvernement de consensus », a affirmé M. Fayyad à la presse à Ramallah. Interrogé pour savoir s'il pourrait diriger ce gouvernement de consensus, M. Fayyad a répondu : « Ce que j'ai présenté est une démission et pas la demande d'un nouveau poste. »
Le Premier ministre démissionnaire a poursuivi dimanche son travail et participé notamment à la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Ramallah.
Samedi, il avait indiqué dans un communiqué que sa démission deviendrait « effective dès la formation d'un gouvernement de consensus national, au plus tard à la fin du mois en cours ». Cette mesure « vise à soutenir les efforts destinés à former un gouvernement de consensus national (...) restaurant l'unité de la patrie », avait affirmé M. Fayyad.
Les deux mouvements ennemis, le Fateh du président Mahmoud Abbas et le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, se sont rencontrés le 26 février dernier en Égypte, où ils ont convenu de créer cinq commissions visant notamment à former avant la fin mars un gouvernement d'entente nationale.
L'ensemble des groupes palestiniens doivent se réunir à nouveau mardi au Caire pour tenter de trouver des terrains d'entente sur des sujets aussi épineux que l'organisation de nouvelles élections, la réforme de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), réclamée par le Hamas qui n'en fait pas partie, ou encore la refonte des services de sécurité.
« Il faut parvenir à former un gouvernement de consensus national qui se conforme aux engagements de l'OLP », a affirmé à l'AFP M. Abbas, en référence au programme de la centrale qui prône une solution négociée au conflit avec Israël. « Ce gouvernement doit s'attacher à organiser les élections présidentielle et parlementaires avant le 14 janvier 2010 » et entamer la reconstruction de la bande de Gaza après la récente offensive israélienne, a-t-il ajouté.
Selon Qaïs Abdel-Karim, membre du bureau politique du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP) et négociateur au Caire, le sort de M. Fayyad dépendra du résultat des discussions interpalestiniennes. « S'il n'y a pas d'accord sur la formation d'un gouvernement de consensus national à la fin mars, la direction palestinienne décidera du sort du gouvernement Fayyad, qui d'ici là va poursuivre son travail », a-t-il ajouté.
Ancien haut fonctionnaire du Fonds monétaire international (FMI), M. Fayyad, un homme politique indépendant, avait été nommé Premier ministre en juin 2007, après la prise de contrôle par la force de la bande de Gaza par le Hamas, qui avait remporté en 2006 les législatives palestiniennes.
De son côté, le Hamas a affirmé « ne pas regretter la démission de M. Fayyad et de son gouvernement », selon son porte-parole à Gaza, Fawzi Barhoum.
« Ceci est la fin que nous attendions car ce gouvernement est illégitime et illégal et construit sur des politiques erronées liées à la politique américaine », a-t-il ajouté.
Le Hamas, qui a remporté les législatives palestiniennes en janvier 2006, a toujours jugé illégitime le gouvernement de M. Fayyad, considérant que le seul cabinet légal était celui d'Ismaïl Haniyeh, qui contrôle Gaza.
Enfin, les États-Unis ont exprimé l'espoir que la démission annoncée du Premier ministre palestinien n'entraverait pas les efforts de relance du processus de paix au Proche-Orient « Le gouvernement (Fayyad) a fait de grands progrès pour ce qui est de la transparence, de la responsabilité et de la sécurité, qui seront essentiels pour parvenir à une solution à deux États », a réagi Mike Hammer, porte-parole du Conseil national à la sécurité de la Maison-Blanche. « Nous espérons que le futur gouvernement palestinien, quel qu'il soit, poursuivra sur la voie de ces progrès, conformément aux principes du quartette (des médiateurs internationaux) et en cohérence avec le projet du président Abbas », a-t-il poursuivi.
Sur le terrain, l'aviation israélienne a mené durant la nuit de samedi à dimanche deux raids dans la bande de Gaza, en riposte à des tirs de roquettes, a annoncé un porte-parole militaire. Deux tunnels utilisés pour la contrebande entre la bande de Gaza et l'Égypte ont été visés dans le sud du territoire palestinien ainsi qu'un bâtiment servant à stocker des munitions dans la ville de Gaza, a ajouté ce porte-parole.


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