Un haut responsable de l'administration américaine avait indiqué avant la rencontre que les discussions porteraient sur « la réduction de notre armement nucléaire », précisant qu'il était encore trop tôt pour parler de chiffres. Hillary Clinton s'était engagée en janvier, juste avant sa nomination, à renégocier très rapidement ce traité avec la Russie, ce qui avait été salué à Moscou.
Concernant le bouclier antimissile que les États-Unis veulent déployer en Europe malgré l'hostilité de Moscou, M. Lavrov a estimé « possible » de parvenir à un accord. « Je pense que nous pouvons arriver à un accord sur les armes offensives et les systèmes antimissiles », a-t-il dit.
Un « merveilleux dîner »
Faisant état de ces résultats positifs, les deux ministres, très souriants, ont salué le renouveau des relations entre Moscou et Washington, après plusieurs années de tensions durant l'ère Bush. « Nous avons eu un merveilleux dîner », a assuré Hillary Clinton tandis que Sergueï Lavrov renchérissait, décrivant sa « relation personnelle merveilleuse » avec son homologue américaine. Les relations entre le ministre russe et l'ancienne secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice étaient notoirement détestables.
Voulant définitivement rompre avec le passé, Mme Clinton avait commencé la rencontre en offrant à M. Lavrov un gros bouton rouge autour duquel était écrit en russe et en anglais « bouton de remise à zéro ». Appréciant le geste, M. Lavrov a relevé une erreur de traduction, qui lui a fait dire à l'issue de la rencontre : « Je peux dire que nous sommes arrivés à un résultat très spécifique et pratique, nous nous sommes mis d'accord sur la façon dont on dit "relancer" en russe et en anglais. »
Malgré cette atmosphère détendue, M. Lavrov et son homologue américaine ont reconnu de nombreux points de divergence. « Nous ne sommes pas tombés d'accord sur tout », a expliqué M. Lavrov, citant notamment les questions de la Géorgie et de l'indépendance du Kosovo.
Concernant l'Iran, sur lequel les États-Unis espèrent une collaboration de la Russie, M. Lavrov a dit « apprécier que l'administration Obama soit prête à écouter les autres pays ». Mme Clinton a pour sa part assuré que Washington était prêt à recevoir les conseils de Moscou, mais ne renonçait pas pour autant aux sanctions « unilatérales et multilatérales » contre Téhéran.


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