Conformément aux attentes des analystes, l'économie américaine a détruit 651 000 emplois en février et le taux de chômage aux États-Unis s'élève désormais à 8,1 %, son plus haut niveau depuis décembre 1983.
Autre mauvaise nouvelle, l'estimation du nombre de postes détruits au cours des deux mois précédents a été revue à la hausse : 655 000 en janvier (au lieu des 598 000 annoncés) et 681 000 en décembre (au lieu de 577 000), ce qui en fait le mois le plus noir pour l'emploi aux États-Unis depuis octobre 1949.
Pour Nigel Gault, économiste de IHS Global Insight, les statistiques de l'emploi « n'ont pas confirmé les pires craintes, mais cela ne change rien au fait qu'elles sont atroces ».
Un jugement partagé par la conseillère économique du président Barack Obama, Christina Romer, pour qui ces chiffres sont « affreux » et « en aucune façon il ne faut et il n'est possible d'y trouver quelque chose de positif ». Le président américain a, lui, prôné l'action et défendu ses plans de relance. « Ce matin même, nous avons appris que nous avions perdu 651 000 emplois dans tout le pays au mois de février, ce qui porte le total des emplois perdus au cours de cette récession au chiffre effarant de 4,4 millions », a dit M. Obama à Columbus (Ohio, Nord). Des millions d'Américains vivent à présent dans la crainte d'être les prochains à perdre leur travail, a dit M. Obama. « Ce n'est pas un avenir que j'accepte pour les États-Unis d'Amérique » et c'est pourquoi a été promulgué en février un énorme plan de relance de 787 milliards de dollars, a-t-il dit. M. Obama a défendu le rôle que le gouvernement devait jouer, selon lui. « Nous avons la responsabilité d'agir, et c'est bien ce que j'ai l'intention de faire en tant que président des États-Unis », a-t-il dit.
En Europe, la Bourse de Paris a terminé la séance en baisse de 1,37 %, celle de Francfort a cédé 0,8 % et Londres a terminé stable gagnant 0,02 %. La Bourse d'Amsterdam a clôturé à son plus bas niveau depuis 1995, l'indice AEX perdant 0,54 % à 199,5 points. Les marchés avaient déjà subi de lourdes pertes jeudi : Londres avait alors chuté de 3,18 %, Paris de 3,96 % et Francfort de 5,02 %, insensibles à la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de réduire son taux directeur d'un demi-point de pourcentage, à 1,50 %, le niveau le plus bas de son histoire.
« La récession, qui a commencé par frapper les secteurs financier et immobilier, s'est malheureusement répandue à de larges pans de l'économie », a commenté Mike Fitzpatrick, économiste chez MF Global.
Par ailleurs, l'Islande, dont le secteur financier avait été ébranlé à l'automne par la crise financière internationale, a annoncé être entrée en récession au dernier trimestre 2008. Le PIB du pays a baissé de 0,9 % au quatrième trimestre de l'année après un recul de 3,4 % au troisième trimestre. Sur l'ensemble de 2008, l'économie reste toutefois en croissance à 0,3 %, mais ce chiffre est nettement inférieur aux 5,5 % de l'année précédente.
La journée de vendredi avait très mal commencé avec un plongeon de 3,50 % à la Bourse de Tokyo où l'indice Nikkei a terminé à son plus bas niveau depuis plus de quatre mois. La séance n'a été guère meilleure sur les autres places asiatiques, effrayées par la possibilité d'une liquidation de General Motors (GM) : la Bourse de Hong Kong a clôturé sur un recul de 2,37 % et celle de Shanghai sur une baisse de 1,26 %.
Cette perspective a été évoquée par le constructeur automobile dans son rapport annuel, si le gouvernement américain refuse de lui verser les milliards de dollars de rallonge qu'il réclame et si le robinet du crédit continue de lui être fermé.
Mais les dirigeants de General Motors sont plus ouverts à l'idée d'une restructuration via la législation américaine sur les faillites, affirme vendredi le Wall Street Journal, citant des sources proches du dossier. Le groupe souhaite toujours éviter le régime des faillites, selon le quotidien, mais ses dirigeants seraient désormais prêts à envisager cette option, à condition que la réorganisation du groupe soit financée par le gouvernement.


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