M. Lieberman a pour sa part affirmé, récemment, que sa préférence allait au ministère de la Défense. Mais M. Netanyahu a refusé de lui accorder ce poste-clé qu'il souhaite confier au chef du Parti travailliste, Ehud Barak, qui exerce déjà ces fonctions, ou, à défaut, au député du Likoud Moshe Yaalon, un ancien chef d'état-major. MM. Barak et Netanyahu devraient se rencontrer dans les prochains jours afin de finaliser un éventuel accord permettant au chef du Parti travailliste de rester à son poste, en dépit de l'opposition déclarée de la majorité parlementaire travailliste qui préfère opter pour l'opposition. Si M. Barak rallie le gouvernement, cela permettra à M. Netanyahu d'être moins dépendant de l'extrême droite. Il pourra ainsi former un cabinet plus centriste, et « présentable » aux yeux de l'Occident. Toutefois, cette manœuvre reste délicate. Pour les travaillistes, l'idée d'un ralliement de M. Barak au gouvernement Netanyahu équivaudrait à accepter « l'ouverture » proposée par le chef du Likoud et constituerait « un suicide moral et politique ». Certains n'ont pas hésité à évoquer une destitution de M. Barak de la direction du parti. Une réunion du comité central est prévue la semaine prochaine concernant ce sujet.
Interrogé à la radio publique, David Rotem, un député d'Israël Beiteinou, a affirmé que M. Lieberman « convient parfaitement pour le poste de ministre de la Défense ou des Affaires étrangères ». Ce parlementaire a notamment justifié les déclarations de M. Lieberman qui avait affirmé, le 29 octobre dernier, que le président égyptien Hosni Moubarak pouvait « aller au diable ». « Avigdor Lieberman était parfaitement en droit de tenir ces propos contre un président d'un pays qui a signé un accord de paix avec nous, mais qui boycotte Israël alors que nous courons après lui », a affirmé M. Rotem. La radio a également rappelé que M. Lieberman avait suggéré, au début de la deuxième intifada, de bombarder le barrage d'Assouan en Égypte en guise de représailles au soutien accordé par Le Caire au dirigeant palestinien Yasser Arafat. « Même en diplomatie, il y a des situations dans lesquelles il faut se livrer à des actes de protestation », a ajouté le parlementaire d'Israël Beiteinou.
À la suite des déclarations de M. Lieberman, le président Shimon Peres et le Premier ministre Ehud Olmert avaient appelé le président Moubarak pour lui présenter leurs excuses. Bien que son pays soit lié par un traité de paix avec l'État hébreu depuis 1979, M. Moubarak n'a jamais effectué de visite officielle en Israël. En novembre 1995, il était brièvement venu à Jérusalem pour assister aux funérailles du Premier ministre israélien assassiné Yitzhak Rabin.
M. Netanyahu a été chargé le 20 février par le président Shimon Peres de former le prochain cabinet au plus tard le 3 avril, délai légal pour obtenir l'investiture au Parlement. Il s'appuie sur une coalition de 65 députés sur 120, constituée de 27 députés du Likoud, de 15 d'Israël Beiteinou, de 16 des ultraorthodoxes du Shass et de la Liste unifiée de la Torah, et de 7 de deux formations ultranationalistes, l'Union nationale et le Foyer juif.


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