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Économie

L’Indonésie, plus grand pays musulman, veut populariser la finance islamique

L'Indonésie a beau être le plus grand pays musulman, la finance islamique y est moins développée qu'au Proche-Orient ou dans d'autres pays d'Asie, un retard que cherche à combler Djakarta en dépit d'un contexte économique peu favorable.
Le gouvernement indonésien a donné une large publicité ces dernières semaines au lancement des premières obligations islamiques, les sukuks, à destination des investisseurs particuliers.
Proches des obligations classiques, les sukuks se veulent compatibles avec les principes de la charia, la loi islamique, qui proscrit l'intérêt et la spéculation. Mais, au-delà des différences techniques, ils se montrent tout aussi attirants pour les investisseurs, qu'ils soient musulmans ou non. Les sukuks indonésiens offrent ainsi un rendement de 12 % pour une durée de trois ans.
« Ces nouveaux produits sont à la fois conformes aux principes de l'islam et utiles à l'économie », résume Nasaruddin Umar, un responsable du ministère des Affaires religieuses.
Pour le gouvernement, il s'agit avant tout d'accroître ses sources de revenus pour financer le déficit budgétaire qui, crise économique oblige, devrait se creuser à 2,5 % du PIB en 2009 contre environ 1 % l'an dernier. « La mise en œuvre des sukuks est un moyen pour le gouvernement d'assurer des financements pour le budget de l'État et de les diversifier », notamment en attirant les investisseurs des pays du Golfe, a expliqué la ministre des Finances Sri Mulyani Indrawati.
Parallèlement, le gouvernement donne des gages aux partis et aux mouvements religieux qui veulent voir l'islam jouer un rôle plus important dans l'organisation de la société indonésienne, à près de 90 % musulmane.
Actuellement, la finance islamique ne représente qu'entre 1 % à 2 % du total de l'activité bancaire du pays, selon le chercheur Azyumardi Azra, spécialiste de l'islam.
Des banques islamiques ont pignon sur rue, comme la dynamique Bank Muamalat, mais elles peinent encore à concurrencer les établissements traditionnels, notamment dans les grandes villes.
L'Indonésie a été en effet plus lente à développer un environnement propice au lancement de produits financiers islamiques que les pays du Golfe ou ses voisins comme la Malaisie, devenue ces dernières années le principal marché pour les sukuks.
Mais la crise économique venue des États-Unis a semblé donner un coup de fouet à cette finance présentée par le vice-président indonésien Jusuf Kalla comme une « alternative » à l'actuel système financier. Notamment parce que les principes liés à la charia la poussent à une certaine prudence, lui interdisant notamment les risques liés aux produits dérivés.
« Nous, les musulmans, devons considérer la situation actuelle comme une opportunité en or pour démontrer la solidité et l'efficacité du système financier islamique », a lancé en janvier le ministre malaisien de l'Économie, Najib Razak.
Mais cette finance, dont l'encours est évalué à environ 700 milliards de dollars dans le monde, n'échappe pas au marasme général. La crise du crédit a fait chuter les émissions de sukuks de 56 % en valeur (à 14,9 milliards de dollars) en 2008 par rapport à l'année précédente, selon Standard and Poor's. L'agence de notation se montre cependant positive pour les perspectives à long terme, qui devraient être dopées par la montée en puissance de nouveaux acteurs, comme l'Indonésie.
L'Indonésie a beau être le plus grand pays musulman, la finance islamique y est moins développée qu'au Proche-Orient ou dans d'autres pays d'Asie, un retard que cherche à combler Djakarta en dépit d'un contexte économique peu favorable.Le gouvernement indonésien a donné une large publicité ces dernières semaines au lancement des premières obligations islamiques, les sukuks, à destination des investisseurs particuliers.Proches des obligations classiques, les sukuks se veulent compatibles avec les principes de la charia, la loi islamique, qui proscrit l'intérêt et la spéculation. Mais, au-delà des différences techniques, ils se montrent tout aussi attirants pour les investisseurs, qu'ils soient musulmans ou non. Les...
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