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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

L’Iran accuse Obama de suivre une « voie erronée » au Proche-Orient

Le guide suprême iranien a accusé hier le président américain Barack Obama de suivre la même « voie erronée » que son prédécesseur George W. Bush dans le soutien à Israël, pays qu'il a qualifié de « tumeur cancéreuse ». Ces propos de l'ayatollah Ali Khamenei ne devraient pas manquer de décevoir l'administration US, qui cherche à restaurer des contacts avec l'Iran et a appelé Téhéran à « ouvrir le poing ».
« Même le nouveau président américain, qui est arrivé au pouvoir grâce à des slogans promettant de changer les politiques de Bush, défend le terrorisme d'État lorsqu'il parle de soutien inconditionnel à la sécurité d'Israël », a déclaré M. Khamenei lors d'une conférence sur les Palestiniens à Téhéran. Les États-Unis appellent depuis longtemps l'Iran à ne plus entraver le processus de paix au Proche-Orient et à mettre fin à son soutien d'organisations jugées terroristes par Washington, comme le Hezbollah ou le Hamas. L'Iran affirme que ces groupes luttent contre une occupation illégale des terres palestiniennes et ne reconnaît pas la légitimité d'Israël. « Une autre grande erreur consiste à dire que la seule façon de sauver les Palestiniens passe par la négociation, a poursuivi M. Khamenei. La négociation avec qui ? Avec un régime brutal d'occupation, qui ne croit en aucun autre principe que celui de la force ? Ou avec l'Amérique et la Grande-Bretagne, qui ont commis le plus grand des péchés en créant et soutenant cette tumeur cancéreuse ? »
Selon un analyste iranien, cette réaffirmation de la ligne dure par M. Khamenei montre que Téhéran veut faire savoir qu'il ne renoncera pas facilement à sa politique régionale face à la volonté de dialogue prônée par l'administration Obama. « Ce qu'il dit, c'est que vous devez également changer si vous voulez que nous changions. L'Iran ne peut se permettre de renoncer à ces politiques, en tout cas pas aussi facilement », a déclaré l'analyste.

Téhéran appelle à la « résistance » des musulmans
M. Khamenei a également appelé à la « résistance » des musulmans pour « sauver la Palestine » en rejetant la solution de deux États, palestinien et israélien, prônée par les pays arabes et les grandes puissances. « On ne pourra sauver la Palestine en mendiant auprès des Nations unies », a-t-il affirmé. L'ayatollah a réitéré son idée d'un retour de tous les réfugiés palestiniens suivi d'un référendum sur l'avenir du territoire israélien.
La conférence de Téhéran, qui réunit pendant deux jours des représentants de pays de la région et des délégations sud-africaine et nigériane, se veut une réponse à celle conclue lundi en Égypte par une promesse de la communauté internationale de verser 4,5 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza. « Ceux qui ont (...) tenu ce spectacle de marionnettes approuvent les atrocités du régime sioniste à Gaza », a déclaré à l'agence Fars le secrétaire de la conférence de Téhéran, Ali Akbar Mohtashamipour. La conférence va tenter de centraliser l'aide à Gaza, mais « malheureusement, la route pour la livraison (de l'aide) est fermée », a indiqué le député iranien Khazem Jalili, en référence au blocus israélien.
Parmi les rares personnalités identifiées lors de cette conférence figurent le président du Parlement libanais, Nabih Berry, le n° 2 du bureau politique du Hamas en exil, Moussa Abou Marzouk, et Mahmoud Zahar, le plus influent dirigeant du « Hamas de l'intérieur ». M. Zahar a reconnu que l'Iran finançait le Hamas, notamment « en payant les salaires de nos employés » depuis la victoire du mouvement aux législatives de 2006.
En outre, une solution à la controverse sur la finalité du programme nucléaire iranien est possible si les États-Unis changent d'attitude envers Téhéran, a indiqué hier l'ambassadeur iranien à l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh. Si les Américains changent leur « mentalité et comprennent que nous sommes sur un pied d'égalité et viennent de manière civilisée à la table des négociations, alors il y aura une percée » sur ce dossier, a-t-il déclaré.
Le guide suprême iranien a accusé hier le président américain Barack Obama de suivre la même « voie erronée » que son prédécesseur George W. Bush dans le soutien à Israël, pays qu'il a qualifié de « tumeur cancéreuse ». Ces propos de l'ayatollah Ali Khamenei ne devraient pas manquer de décevoir l'administration US, qui cherche à restaurer des contacts avec l'Iran et a appelé Téhéran à « ouvrir le poing ».« Même le nouveau président américain, qui est arrivé au pouvoir grâce à des slogans promettant de changer les politiques de Bush, défend le terrorisme d'État lorsqu'il parle de soutien...
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