Les États-Unis négocient avec la Pologne et la République tchèque l'installation sur leur territoire de dix intercepteurs de missiles et d'un système de radar, au grand dam de Moscou qui y voit une menace à sa sécurité. « La Russie n'apprécie pas du tout (ce projet), cela est extrêmement clair », a insisté le président Medvedev. S'il a reconnu l'existence de menaces pour la sécurité internationale dans le monde, M. Medvedev a souligné le besoin d'unité pour y faire face. « Répondons à ces menaces ensemble, sans isoler les uns et les autres de ce processus », a-t-il fait valoir, en dénonçant l'unilatéralisme de la précédente administration du président George W. Bush, un comportement « simpliste » qui consistait à dire « nous faisons cela car nous en avons décidé ainsi », selon lui.
Les déclarations du président russe interviennent sur fond d'une nette dégradation des relations entre Moscou et Washington sous l'ère Bush, en raison notamment du projet de bouclier antimissile et du conflit en Géorgie l'été dernier. Des responsables russes ont cependant exprimé à plusieurs reprises l'espoir d'une amélioration de ces relations sous la nouvelle administration de Barack Obama, même si ce dernier n'a pas encore fourni beaucoup de détails sur la politique qu'il entendait mener vis-à-vis de la Russie. La rencontre prévue le 6 mars à Genève entre le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue américaine Hillary Clinton - la première du genre - aura valeur de test à cet égard. Début février, à Munich (Allemagne), le vice-président américain Joe Biden avait appelé à un « redémarrage » des relations américano-russes. Il avait également assuré que les États-Unis allaient continuer à développer la défense antimissile contre la menace iranienne, mais en concertation avec la Russie. La Russie a pour sa part proposé aux États-Unis un bouclier antimissile tripartite qui inclurait aussi l'Europe.
Après un an et demi de négociations avec les États-Unis, la Pologne a donné l'été dernier son accord à l'installation chez elle à l'horizon 2014 de 10 missiles intercepteurs. Ces engins seront couplés à un puissant radar en République tchèque. Washington assure que son bouclier antimissile vise des pays comme la Corée du Nord et l'Iran, et en aucun cas l'énorme force de frappe russe. Moscou considère néanmoins que l'installation de ce bouclier au cœur de l'Europe ne ferait que compléter un système de détection et d'interception balistique planétaire américain, qui ceinture son propre territoire.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine