Mme Livni a annoncé pour sa part qu'elle ne participerait pas à un gouvernement dirigé par M. Netanyahu. « Notre rencontre s'est achevée sans accord sur les questions essentielles », a-t-elle dit en se présentant comme le chef d'une « opposition responsable » à même de soutenir le gouvernement ponctuellement « face aux menaces contre Israël ».
Cette impasse sonne le glas d'une coalition élargie voulue par Netanyahu pour éviter de constituer un gouvernement restreint très marqué à droite et fondé sur une majorité parlementaire de 65 députés sur 120. Le chef du Likoud avait été officiellement chargé le 20 février par le président Shimon Peres de former le prochain cabinet au plus tard d'ici au 3 avril, délai légal pour obtenir l'investiture au Parlement. Mme Livni, qui espérait dans un premier temps se voir confier la tâche de former un gouvernement, avait expliqué son refus en estimant qu'un cabinet Netanyahu bloquerait toute chance de relance du processus de paix par son opposition à la création d'un État palestinien aux côtés d'Israël. Elle a maintenu cette position en dépit de sondages d'opinion montrant qu'une nette majorité d'Israéliens, et particulièrement de votants du Kadima, préférait un gouvernement d'union et malgré des voix discordantes dans son parti de la part de dirigeants peu enclins à se trouver dans l'opposition. « Netanyahu ne croit pas au processus de paix et est prisonnier des visions traditionnelles de la droite » hostile à un retrait en Cisjordanie occupée, avait dit la chef de la diplomatie du cabinet sortant au quotidien Maariv. M. Netanyahu se défend de refuser un dialogue avec les Palestiniens, tout en s'opposant au principe de « deux États pour deux peuples ». Le chef de son principal parti allié, Israël Beiteinou (15 sièges), Avigdor Lieberman, qui brigue le ministère des Affaires étrangères, s'est pour sa part efforcé de corriger son image de populiste d'extrême droite. Dans une interview au journal américain Jewish Week, M. Lieberman, originaire d'ex-URSS, s'est déclaré en faveur de la « création d'un État palestinien viable », s'est défendu d'être un « extrémiste de droite » et a promis de « travailler avec le président (américain) Barack Obama ».


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