C'est un « jour historique », a dit le négociateur du mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, lors d'une conférence de presse, ajoutant qu'avec « le début du dialogue, une page douloureuse est tournée ». Moussa Abou Marzouk, numéro deux du bureau politique du Hamas, en exil à Damas, a aussi célébré « une journée historique », évoquant une « page blanche » à écrire pour le dialogue interpalestinien. Pour M. Abou Marzouk, la création d'un gouvernement d'entente « suivra immédiatement » les conclusions de la commission en charge d'étudier sa mise en œuvre, c'est-à-dire fin mars. « L'entente sera immédiatement appliquée, un gouvernement sera immédiatement formé et il prendra immédiatement et totalement ses fonctions en Cisjordanie et à Gaza », a-t-il dit, à l'unisson d'autres responsables palestiniens.
Plus d'une trentaine de responsables palestiniens, dont des chefs du Fateh et du mouvement islamiste Hamas, maître de Gaza, s'étaient réunis pendant sept heures au siège des renseignements égyptiens à Héliopolis, près du Caire. La réunion du Caire a été « très importante », a affirmé Jamil al-Majdalawi, un chef du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), soulignant que « les discussions devaient aboutir pour que voie le jour un gouvernement d'entente nationale ».
C'est l'Égypte qui, après avoir essuyé un échec en novembre dernier, avait relancé ce processus de dialogue dès la fin de la meurtrière guerre de Gaza menée par Israël contre le Hamas. « Il a été convenu de mettre fin aux divisions, reconstruire les institutions, commençant par l'OLP et l'Autorité palestinienne, sur des bases démocratiques », affirme le texte.
Le Hamas et le Fateh sont en conflit ouvert depuis que le mouvement islamiste, qui avait remporté les législatives de 2006, a délogé de Gaza par la force les fidèles du Fateh en juin 2007. Ils étaient convenus mercredi, lors d'une réunion bilatérale préparatoire, de libérer progressivement des prisonniers faits de part et d'autre en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza. Les factions palestiniennes « ont convenu de procéder dans l'immédiat à la libération de tous les détenus et de cesser les détentions à caractère politique », a déclaré à l'AFP Mohammad al-Hindi, numéro deux du Jihad islamique.
Côté israélien, le Premier ministre désigné, Benjamin Netanyahu, compte demander à la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, de s'opposer à la formation d'un gouvernement palestinien d'union nationale incluant le Hamas. Zalman Shoval, l'un des cinq conseillers diplomatiques de M. Netanyahu, ajoute qu'il « espère convaincre tous ceux qu'il peut » qu'un gouvernement palestinien de coalition est une très mauvaise idée.


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