Au niveau sectoriel, le tourisme, soutenu par les dépenses des expatriés et des touristes arabes, a incontestablement été l'un des principaux moteurs de croissance en 2008.
Le nombre de touristes a en effet augmenté de 31 % sur un an, et les dépenses détaxées de 56 %.
Tous les indicateurs économiques ont affiché une nette progression en 2008, les exportations ayant augmenté de 23,5 %, les permis de construire de 35,9 %, les livraisons de ciment de 5,4 %, les ventes de propriétés de 21,8 %, la valeur des chèques compensés de 37,2 %, les marchandises au port de 7,2 %, le nombre de passagers à l'aéroport de 21,4 %, etc.
Selon le rapport, la théorie quantitative de la monnaie confirme également une hausse de la production en termes réels. La croissance de la masse monétaire de 14,5 %, combinée à la hausse de la vélocité de l'argent de 20,3 %, a en effet dépassé le taux d'inflation annuel, estimé à 11,1 %. La hausse de la vélocité a été portée par l'augmentation des chèques compensés, supérieure à celle des dépôts bancaires ( +13,4 %).
Conversions vers la livre
Reflétant l'amélioration dans la sphère réelle, le secteur monétaire a aussi connu l'une de ses meilleures années. L'amélioration de la confiance a entraîné un mouvement massif de conversion vers la livre, estimé à plus de 8 milliards de dollars, entraînant une baisse du taux de dollarisation de 8 points de pourcentage, à son niveau le plus bas depuis 4 ans. Ces conversions ont considérablement renforcé les avoirs en devises de la BDL, qui ont atteint un plus haut historique de 19,7 milliards de dollars. Le ratio de couverture de l'offre de monnaie locale par les avoirs en devises de la BDL a atteint 80,3 % (113 % si l'on inclut les réserves en or).
Le secteur externe a également enregistré une performance remarquable, poursuit le rapport. Le commerce extérieur a augmenté de 34 % en 2008, porté par une hausse des importations de 36,6 %, et des exportations de 23,5 %. Le ratio de couverture des importations par les exportations a toutefois baissé de 23,8 % à 21,5 %, et le déficit commercial a bondi de 40,7 % sur un an. Ce dernier a cependant été couvert par les entrées de capitaux qui ont dépassé 16 milliards de dollars en 2008, en hausse de 46 % sur un an. La balance des paiements a ainsi affiché un excédent de 3,5 milliards de dollars en 2008, un plus haut historique.
Nouveau record de la dette publique
Le rapport relève toutefois une ombre au tableau, et pas des moindres : la situation des finances publiques reste considérablement faible, avec un déficit public en hausse de 14,7 % sur un, représentant 29,4 % des dépenses publiques et 10,1 % du PIB. Par conséquent, la dette publique brute a atteint un nouveau record de 47 milliards de dollars en décembre, en hausse de 11,9 % sur un an.
Parallèlement, le secteur bancaire a profité du boom de l'économie locale et de l'amélioration de la confiance. Les dépôts ont augmenté de 10,49 milliards de dollars en 2008. Cette croissance dépasse celle de l'année dernière de 59 % et représente le double de la croissance moyenne des 5 dernières années. L'activité de crédits a également été tirée par la demande locale et régionale, le portefeuille de crédits ayant augmenté de 4,61 milliards de dollars en 2008. Cette croissance dépasse celle de l'année dernière de 35 % et représente quatre fois la moyenne des 5 dernières années. Quant aux profits bancaires, ils ont augmenté de 30 % en 2008.
Le marché financier, en revanche, n'a pas été épargné par la crise mondiale. L'indice de la Bourse de Beyrouth a baissé de 22,3 % et la capitalisation boursière a fondu de 9,3 milliards de dollars. Parallèlement, les spreads moyens sur les bons du Trésor ont augmenté de 269 points de base, pour atteindre 727 points de base fin 2008, au plus haut depuis six ans.


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