Des analystes, interrogés pas l'AFP, ont estimé que l'attaque était davantage l'acte d'islamistes isolés que la marque sanglante d'un groupe terroriste organisé. « L'enquête le dira, mais il semble bien qu'il s'agit d'un acte primitif qui a ciblé un groupe de touristes étrangers plus que des Français en particulier », affirme Dhia Rachwan, un expert de l'islamisme radical. Pour Amr Choubaki, un autre chercheur du centre d'études stratégiques al-Ahram, « cet acte est révélateur d'un malaise social et politique, mais paraît l'œuvre d'un individu ou d'un groupe très isolé ». Ex-directeur du service de la sécurité de l'État, le général Fouad Allam n'exclut pas que l'attentat puisse « préluder à une nouvelle vague de terrorisme en Égypte » favorisée par la crise financière et le contexte régional.
Selon un communiqué du procureur, l'explosion de l'engin, de fabrication artisanale, a creusé un cratère de 30 centimètres de diamètre sous un banc qui a été détruit par la déflagration. Le procureur ajoute que des témoignages ont été recueillis auprès de la plupart des blessés, trois Français maintenant que les engins ont été lancés d'en haut sur le groupe de touristes.
Si la majorité du groupe de touristes français, soit 54 personnes, a regagné Paris, trois jeunes restaient hospitalisés. Celui dont l'état était jugé le plus sérieux est hors de danger, a précisé le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner. Un avion sanitaire français est arrivé hier au Caire avec à bord six médecins français, selon une source aéroportuaire. Onze proches des victimes françaises sont également arrivés. « Nous étions tous regroupés avant d'organiser le quartier libre. Il y eu une très forte détonation. Puis les cris, du sang. On s'est tous mis à courir », raconte Romy Janiw, une accompagnatrice de 28 ans. Interrogée par l'AFP, elle a fait état de la possibilité du lancement d'une grenade. « C'est ce que certains ont dit, mais je ne peux l'affirmer. »
Le tourisme affecté
Khan al-Khalili avait été le théâtre d'un attentat en avril 2005. Deux touristes français et un Américain y avaient été tués. Cet attentat pourrait affecter lourdement le tourisme, un secteur-clef qui pèse pour 11,1 % du PNB et emploie 12,6 % de la population active. Sur 13 millions de visiteurs l'an dernier, les Russes sont venus les plus nombreux avec 1,8 million, devant 1,2 million d'Allemands ou de Britanniques, 1 million d'Italiens et 600 000 Français. Le ministre du Tourisme, Zoheir Garranah, qui a interrompu une visite en Pologne, a « condamné avec force » cet attentat, exprimant l'espoir qu'il n'aurait pas de répercussions négatives sur le secteur. Il s'agit de la première attaque contre des touristes en Égypte depuis le triple attentat qui avait frappé Dahab (Sinaï), en avril 2006, dans lequel une vingtaine de personnes avaient été tuées. Deux autres grandes cités balnéaires du Sinaï, en bordure de la mer Rouge, avaient également été visées en 2004 et 2005 : Taba (34 morts) et Charm-el-Cheikh (70 morts).


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