Réagissant à ces déclarations, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a souhaité hier que les États-Unis et l'Iran puissent parvenir à « une meilleure compréhension mutuelle et travailler à un dialogue qui permette d'aboutir à des résultats positifs pour le peuple iranien ».
Lundi, le président américain Barack Obama a émis l'espoir de créer « dans les prochains mois » des « ouvertures » entre les États-Unis et l'Iran qui permettront « de s'asseoir à une table face à face ». « Il est important, même si nous engageons une diplomatie directe, que nous soyons clairs à propos des profondes préoccupations que nous conservons à l'égard de l'Iran », que ce soit le financement d'organisations terroristes jugé « inacceptable » ou son programme nucléaire susceptible de « déstabiliser la région », a cependant souligné M. Obama. En janvier, Obama avait déclaré tendre la main de la paix à l'Iran si celui-ci « desserrait poing ». Ahmadinejad avait répondu en réclamant le départ des troupes américaines d'Irak et d'Afghanistan, et des excuses pour les « crimes » américains contre l'Iran.
Il reviendra en dernier ressort à l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la révolution iranienne, de décider s'il y a lieu de laisser s'amorcer cette réconciliation historique entre les deux pays. Le religieux, qui observe pour le moment un mutisme total sur les ouvertures d'Obama, a l'habitude de rechercher un consensus parmi l'élite politique. Or les relations avec les États-Unis sont un sujet sensible parmi la classe politique à l'approche de l'élection présidentielle de juin, où Ahmadinejad affrontera l'ancien président Mohammad Khatami, un partisan de la détente avec l'Occident. La proximité de ce scrutin n'est peut-être pas étrangère aux propos conciliants d'Ahmadinejad, et il est possible qu'en attendant son issue, les États-Unis comme l'Iran mesurent chichement leurs gestes de rapprochement.
Les deux pays, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, s'opposent sur plusieurs dossiers, dont le programme nucléaire iranien, officiellement civil mais soupçonné par les Occidentaux de masquer des ambitions militaires.
Signe de la méfiance entre les deux pays, M. Ahmadinejad a également lancé une mise en garde aux États-Unis. « Le monde ne désire pas la répétition de la période noire de (l'ex-président George W.) Bush. Si certains cherchent à répéter son expérience, même avec des méthodes nouvelles, ils doivent savoir que leur destin sera encore pire », a-t-il dit. Énumérant les acquis scientifiques et technologiques de l'Iran, notamment dans le domaine nucléaire et le récent envoi d'un satellite dans l'espace, il a affirmé que l'Iran était désormais « une grande puissance ». « Grâce à Dieu, avec la résistance du peuple iranien (face aux ennemis), l'ombre de la menace a été levée pour toujours au-dessus de l'Iran (...) Je déclare officiellement que l'Iran est devenu une grande puissance véritable », a-t-il ajouté.
La télévision d'État a diffusé les images de manifestations similaires à travers le pays pour célébrer la révolution marquée par le retour d'exil, le 1er février 1979, de l'ayatollah Rouhollah Khomeyni, fondateur de la République islamique, et par le renversement du chah. « Après 30 ans, je suis très fier. Le pays a fait beaucoup de progrès et nous suivons les idéaux de l'imam Khomeyni », a déclaré Hossein Ghoudarzi, un retraité de 65 ans.


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