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La Situation Le Conseil des ministres s’annonce houleux ce matin Fady NOUN

OPINION
15/11/2008
C’est un Conseil des ministres houleux que risque de présider, ce matin, le chef de l’État, le président Michel Sleiman, retour hier de New York, où il a plaidé la cause d’un Liban terre de médiation interculturelle et interreligieuse. Le président Sleiman va devoir redescendre sur terre pour écouter les explications que le ministre Gebran Bassil devra donner d’un comportement pour le moins imprudent, qui l’a amené à passer un accord verbal avec une filiale de France Télécom, pour l’exploitation du réseau géré en ce moment par la compagnie alfa, sans en avertir au préalable le Conseil des ministres. Mis an ban des accusés par le député Ghazi Youssef, qui va jusqu’à se demander si cette conduite ne justifie un vote de défiance à son encontre, M. Bassil a rencontré hier soir le Premier ministre, Fouad Siniora, qui avait confirmé en journée que son ministre des Télécoms ne lui avait pas fait part de ses projets. Le chef de l’État devra également écouter un bref résumé du tollé soulevé dans les rangs d’une majorité échaudée par la visite officielle du ministre de l’Intérieur, Ziyad Baroud, en Syrie. Certes, après avoir poussé de hauts cris, la majorité s’est rendu compte que sa réaction était injuste à l’égard d’un homme qui n’avait fait que son devoir, en se rendant à Damas en vertu d’une décision prise en Conseil des ministres. M. Baroud n’a rien à se reprocher, se sont empressés d’annoncer, hier, certains ténors de la majorité, qui tentaient de corriger le tir. C’est exactement ce que dira l’intéressé lui-même, ce matin, en Conseil des ministres, après avoir sagement refusé de réagir à chaud, à travers la presse. La question que pose la visite si débattue de M. Baroud est celle de la « coordination » avec la Syrie, en matière de sécurité, et reflète la méfiance absolue que l’on nourrit, dans les milieux de la majorité, à l’égard d’un régime syrien dont on assure qu’il n’a pas changé de conduite à l’égard du Liban. C’est donc le président de la République qui, une fois de plus, va devoir se porter garant d’un processus politique dont les grandes lignes ont été posées à Doha, et qui semble difficile à remettre en question. Pas de marche arrière possible, dira le chef de l’État aux personnalités craintives qui réalisent que le Liban est engagé dans une partie inégale dont l’issue est incertaine, au vu des coups fourrés dont Damas est capable, à l’instar de celui qu’il vient de porter au Courant du futur, à travers la diffusion d’« aveux » le mettant en cause dans le financement du terrorisme. En filigrane de ces accusations se profile la rivalité qui continue d’opposer Syriens et Saoudiens. Une rivalité qui a poussé tout le camp des prosyriens à persifler le sommet de New York et à n’y voir qu’une tentative sournoise de normalisation avec Israël. C’est pour contrer cette thèse que Saad Hariri a fait l’apologie hier de la « politique sage et modérée du roi Abdallah », initiateur du sommet de New York. En cours de journée, c’est le Premier ministre en personne qui avait pris la défense de M. Hariri, notant « le ridicule des accusations lancées contre un homme qui a été à l’avant-garde de la lutte contre Fateh el-Islam, au plus fort des combats qui opposaient ce groupe islamiste à l’armée ». Enfin, la force, l’intensité des accusations lancées contre la Banque de la Méditerranée, dont certains souhaitent que les comptes soient officiellement vérifiés en justice, a poussé hier soir cet établissement de crédit à publier un communiqué réclamant que la « campagne diffamatoire » dont il est l’objet cesse, et affirmant qu’elle risque de nuire à la crédibilité du système bancaire tout entier. La banque a affirmé en outre que toutes ses transactions se font en toute transparence et qu’elle n’a à se reprocher ni financement du terrorisme ni blanchiment d’argent. Finalement, la banque s’est réservé le droit de poursuivre en justice ses détracteurs.

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