Selon un rapport de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la crise financière a provoqué un ralentissement de la croissance mondiale, à 4,0 % en 2008, après +5,5 % en 2007 et +8,5 % en 2006.
Plusieurs chiffres ont confirmé hier la persistance de la crise du secteur automobile.
Le ralentissement est particulièrement violent au Japon, où les ventes de véhicules neufs, hors minivoitures, ont chuté de 27,9 % en janvier sur un an, tombant à leur plus bas niveau depuis 41 ans, selon les concessionnaires. Ce recul, le sixième d'affilée, est le plus brutal depuis mai 1974. Les ventes n'ont jamais été aussi faibles depuis février 1968. En Espagne, les immatriculations de voitures neuves ont baissé de 41,6 % en janvier sur un an, selon l'Association nationale des fabricants d'automobiles (Anfac). Le ciel est légèrement moins noir en France, où les acquisitions de voitures particulières neuves ont baissé de « seulement » 7,9 % en janvier par rapport à janvier 2008. Après les mois de novembre (-14 %) et décembre (-15,8 %) en chute libre, le recul plus limité de janvier traduit « un effet prime à la casse », estime le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).
Les immatriculations de voitures neuves ont chuté à nouveau de 32,6 % en janvier en Italie, a annoncé hier le ministère italien des Transports.
En Corée du Sud, les exportations se sont effondrées en janvier (-32,8 %) déprimées par une chute de la demande, notamment de Chine.
En Chine justement, les indicateurs sont également inquiétants : la production manufacturière a continué à décliner « rapidement » en janvier, selon l'indice des directeurs d'achats (PMI) établi par la société Markit. D'où une montée du chômage : environ 20 millions d'ouvriers migrants se trouvent sans emploi en Chine en raison de la crise, ont annoncé lundi les autorités qui s'inquiètent d'une recrudescence des tensions sociales. « Selon nos calculs, 15,3 % des 130 millions de ruraux qui migrent pour travailler ont perdu leur emploi ou n'en ont pas trouvé », a affirmé Chen Xiwen, un responsable gouvernemental. Le Premier ministre chinois Wen Jiabao envisage maintenant de nouvelles mesures de relance.
La Russie aussi, victime d'une dégringolade du rouble et d'une montée du chômage, craint des mouvements sociaux.
En Europe, l'indice des directeurs d'achats du secteur manufacturier de la zone euro affichait en janvier 34,4 points, contre 33,9 points en décembre, toujours largement sous la barre des 50, ce qui signifie que la production continue à décliner.
En France, où une journée de grèves et manifestations avait rassemblé des centaines de milliers de personnes jeudi, la ministre de l'Économie Christine Lagarde a prédit une récession pour 2009. Après deux ans d'amélioration, le marché du travail français s'est fortement retourné en 2008. Le chiffre exact du chômage devait être annoncé en fin de journée, mais la hausse du nombre d'inscrits à l'ANPE atteindrait plus de 200 000 sur l'ensemble de 2008, dont +163 500 sur les cinq derniers mois de l'année. En lançant lundi à Lyon « la phase concrète » du plan de relance avec notamment 1 000 chantiers retenus « pour dynamiser » l'économie, le Premier ministre François Fillon a appelé les Français « à se serrer les coudes », excluant à nouveau toute relance par la consommation.
De son côté, le gouvernement allemand a admis que des nationalisations ainsi que des expropriations étaient des options possibles pour le sauvetage de certaines banques. Selon une étude de l'institut GfK, les répercussions de la crise économique en Allemagne sur le marché du travail et par conséquent sur la consommation se manifesteront pleinement en 2010.
Après la baisse de Wall Street vendredi (-1,81 %), quasiment toutes les Bourses mondiales rechutaient lundi. En Asie, Tokyo a perdu 1,50 %. Hong Kong a chuté de 3,14 % et Shanghai a gagné 1 % après une semaine fériée pour le Nouvel An.
Les Bourses européennes reculaient hier à la clôture, alors que la Bourse de New York a également ouvert en baisse.
Aux États-Unis, les dépenses de consommation en baisse pour le sixième mois consécutif ont accentué leur repli en décembre, reculant de 1,0 % par rapport à novembre. Dans le même temps, les dépenses de construction ont reculé de 1,4 % en rythme annuel. L'activité industrielle a continué de se contracter en janvier.
Les marchés espèrent maintenant de nouvelles mesures gouvernementales pour aider les banques, toujours en situation précaire, notamment la possible constitution de structures de défaisance où seraient concentrés les actifs bancaires pourris, une solution également à l'étude en Europe.


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