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Actualités - CHRONOLOGIE

Chirac appelle au désarmement des milices libanaises « dans les plus brefs délais » Arrêt de l’offensive israélienne et des actions des extrémistes, réclame le G8 Le Conseil de sécurité reprendra dès aujourd’hui ses consultations

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit reprendre aujourd’hui ses consultations sur la situation au Liban dès 17h00 (heure de Beyrouth). Aucune résolution n’est attendue à l’issue de cette réunion, qui doit entendre à huis clos Jean-Marie Guéhenno, secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de la paix, ainsi qu’Ibrahim Gambari, secrétaire général adjoint pour les affaires politiques, pour un briefing sur les conséquences des actuelles violences au Liban sur le mandat de la Finul, censé être renouvelé à la fin de ce mois. Beaucoup de questions se posent justement sur le devenir et la nature du mandat de cette force internationale, en cas de poursuite de la guerre entre Israël et le Hezbollah. Washington continuait d’ailleurs jusqu’à hier de se montrer réticent envers un cessez-le-feu. « Bien sûr, nous voulons que la violence s’arrête. Mais je peux vous dire aujourd’hui que si cela se fait sur la base d’une situation où le Hezbollah ou le Hamas continuent d’avoir les capacités, à tout moment de leur choix, de commencer à lancer de nouveau des roquettes contre Israël (...), si la violence cesse sur la base d’une possibilité de voir la Syrie et l’Iran appuyer sur le bouton à tout moment, ce que nous aurions accompli serait bien peu de chose », a ainsi déclaré hier, de Russie, la secrétaire d’État US, Condoleezza Rice, qui a également affirmé que les États-Unis étaient « profondément préoccupés » par l’alourdissement des pertes civiles au Liban. Elle n’a pas exclu, en outre, de se rendre au P-O pour essayer de résoudre la crise, tout en lançant un appel à la communauté internationale afin que ses membres jouent le rôle qui est le leur. Sauf que cette réticence envers un cessez-le-feu n’a pas empêché le G8 (États-Unis, Russie, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Japon, Canada) d’adopter une déclaration commune demandant à la fois un arrêt de l’offensive israélienne et la fin des bombardements du Hezbollah visant l’État hébreu. « La priorité la plus urgente est de créer les conditions à un arrêt durable des violences », dit le texte, qui suggère également une « présence internationale de sécurité et d’observation », sous l’égide de l’ONU, au Liban-Sud. Réunies sous la présidence russe pour leur sommet annuel à Saint-Pétersbourg, quasiment transformé en cellule de crise sur le Proche-Orient, les grandes puissances ont effectivement adopté une déclaration ferme et équilibrée, mais dont l’impact sur le terrain reste à démontrer, tant leurs demandes semblent difficiles à réaliser : « Retour des soldats israéliens (enlevés) sains et saufs de Gaza et du Liban ; arrêt des bombardements du territoire israélien ; arrêt des opérations militaires israéliennes (au Liban et à Gaza) ; retrait rapide des forces israéliennes de Gaza ; libération des ministres et parlementaires palestiniens arrêtés »... Le G8 en a profité pour exprimer son « plein soutien au gouvernement libanais pour l’affirmation de son autorité et de sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire (...). Cela passe par le déploiement de l’armée libanaise partout dans le pays, en particulier dans le Sud, et le désarmement des milices ». L’appel de Chirac Les dirigeants du G8 ont également imputé le regain de violence au P-O à « des extrémistes et à ceux qui les soutiennent » et reconnu le droit d’Israël à l’autodéfense, tout en l’appelant à la retenue. C’est le président US, George W. Bush, qui s’y était activé en journée, souhaitant que le texte commun stigmatise le Hezb et ses soutiens iranien et syrien, mais faisant en même temps un geste envers ses partenaires en modérant son soutien indéfectible à l’État hébreu, appelé à « être conscient des conséquences ». Le président américain a reçu un soutien attendu de la part du Premier ministre britannique, Tony Blair, qui a souligné qu’il y a « des gens dans cette région – en particulier l’Iran et la Syrie – qui ne veulent pas le succès du processus de démocratisation, de paix et de négociation ». En attendant, le communiqué du G8 s’est abstenu de citer Téhéran et Damas comme étant les soutiens des extrémistes qu’il a incriminés. Mais « ce texte vise la Syrie et l’Iran, qui ont depuis longtemps soutenu et financé tant le Hezbollah que le Hamas », a déclaré hier le n° 3 du département d’État, Nicholas Burns. Mais c’est du président français, Jacques Chirac, qu’est venu l’appel le plus ferme à la « restauration de l’autorité du gouvernement démocratique libanais sur l’ensemble de son territoire et au désarmement de toutes les milices » au Liban « dans les délais les plus brefs » (une référence claire au Hezbollah), pour résoudre durablement la crise avec Israël. Jacques Chirac a jugé « indispensable » que la pression internationale se concentre sur la mise en œuvre intégrale de la résolution 1559 de l’ONU. « Toute autre initiative, toute autre solution se traduira inévitablement par des crises successives, des douleurs, des assassinats. Il faut bien que le peuple libanais se rende compte qu’il n’y a pas d’État démocratique qui puisse exister si le gouvernement n’a pas la pleine autorité sur l’ensemble de son territoire et s’il laisse librement des milices armées qui prennent leurs instructions on ne sait pas d’où, on ne sait pas de qui », a dit le n° 1 français. Jacques Chirac a également assuré que le G8 avait reconnu le caractère « disproportionné » de la réaction israélienne : « Nous avons émis les plus extrêmes réserves sur » cette réaction, a-t-il dit, avant d’accuser implicitement le Hezbollah. « Ce qui est sûr, c’est qu’il y a dans toute cette affaire des provocations. Ceux qui ont déclenché le système provocation-répression portent une lourde responsabilité. Le Liban n’a vraiment pas mérité qu’on le traite de cette façon-là », a conclu le locataire de l’Élysée. Signalons que le premier secrétaire du Parti socialiste français, François Hollande, a affirmé que la France et l’Europe doivent se faire entendre pour éviter « l’embrasement général » au Proche-Orient. Quant au président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, il a estimé qu’Israël « doit se défendre et a le droit de se défendre. Au P-O, il y a un agresseur, le Hezbollah, qui se comporte de manière invraisemblable », a-t-il dit. Prodi et Larijani Le président du Conseil italien, Romano Prodi, a, quant à lui, téléphoné hier à Ali Larijani, principal négociateur iranien pour les questions nucléaires, afin d’exhorter Téhéran à jouer « un rôle actif » dans les efforts diplomatiques centrés sur la crise au P-O. De source gouvernementale italienne, on rapporte que Ali Larijani n’a pas fait connaître de réponse immédiate, mais qu’il compte le faire « dans les jours qui viennent ». Romano Prodi, qui a proposé de jouer le rôle de « facilitateur » dans les efforts visant à mettre fin aux tirs et bombardements transfrontaliers. D’autre part, le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, a assuré hier que rien ne permettait d’établir que l’Iran et la Syrie soient impliqués dans les attaques du Hezbollah contre Israël. « Nous prenons cela très au sérieux, mais nous voulons voir des faits. Jusqu’à présent, nous n’avons pas vu de preuves, et nous travaillons quotidiennement avec, à la fois, la Syrie et l’Iran, les Israéliens, les Palestiniens, le Hamas, le Hezbollah, avec les canaux dont nous disposons, en coordonnant nos efforts avec les pays arabes, avec la mission des Nations unies », a-t-il dit, interrogé par la CNN.

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit reprendre aujourd’hui ses consultations sur la situation au Liban dès 17h00 (heure de Beyrouth). Aucune résolution n’est attendue à l’issue de cette réunion, qui doit entendre à huis clos Jean-Marie Guéhenno, secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de la paix, ainsi qu’Ibrahim Gambari, secrétaire général...