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Actualités - Analyse

ÉCLAIRAGE Spéculations sur l’identité des responsables des derniers tirs de katiouchas contre Israël

La résurgence de la violence, dimanche au Liban-Sud, au lendemain de l’assassinat d’un responsable du Jihad Islamique et de son frère à Saïda, ne devrait pas porter à conséquence selon certains observateurs, contrairement aux craintes exprimées au lendemain du réchauffement du front. Et pour cause : aucun des protagonistes directement ou indirectement impliqués – en tout cas du côté libanais de la frontière – n’a intérêt à faire monter la tension dans l’état actuel des choses. C’est l’avis aussi bien des Palestiniens que des responsables du Hezbollah, lesquels affirment unanimement qu’une escalade au Liban-Sud n’est pas souhaitée à l’ombre des circonstances actuelles. Il n’en reste pas moins que ce développement n’a pas manqué de susciter des interrogations sur les éventuelles conséquences de cette escalade militaire au niveau des dossiers sous étude à la conférence de dialogue, plus particulièrement au sujet de l’armement du Hezbollah et celui des Palestiniens. L’entrée en scène de mouvements tels que le Jihad Islamique – jusque-là plutôt discret, sinon effacé dans ses manifestations militaires au Liban – et l’élargissement de l’espace de confrontation jusqu’aux confins de la Békaa, où ont été bombardées les bases du FPLP-CG, sont autant de nouveaux facteurs qui laissent, en principe, présager de nouvelles donnes, plutôt inquiétantes en cette phase de transition. Reste à déterminer toutefois qui est la (ou les) partie (s) qui ont intérêt à ébranler le fragile statu quo sécuritaire auquel étaient parvenus les participants au dialogue national. Pour certains analystes, les bombardements israéliens ont donné aux forces du 8 Mars et aux Palestiniens un excellent alibi pour démontrer que le désarmement est d’autant plus injustifié que l’État hébreu continue de constituer une véritable menace pour les réfugiés et pour le Liban. Côté palestinien, on affirme qu’aucune des factions en présence ou presque n’a intérêt à mettre en péril les négociations entamées avec le gouvernement libanais, qui devraient en principe conduire à l’acquisition par les réfugiés palestiniens de leurs droits. De plus, ajoute une source proche du FDLP, en suscitant le courroux du Hezbollah et de ses alliés, illustré notamment par la flambée dans le secteur de Chebaa, Israël cherche à donner à la communauté internationale un argument solide concernant la nécessité de faire appliquer au plus tôt la 1559 et la 1680. L’État hébreu apporterait ainsi un appui indirect aux revendications soutenues par le camp du 14 Mars, qui réclame à cor et à cri le désarmement des Palestiniens et, éventuellement, celui du Hezbollah. Il est certes facile de pointer du doigt le parti chiite qui contrôle la bande frontalière et qui ne peut, par voie de conséquence, ignorer qui était derrière le lancement des katiouchas. Or, affirme une source de l’armée libanaise, le point de départ des roquettes contre l’État hébreu « se trouve dans une zone sous contrôle de la Finul », et non dans la zone supervisée par le parti de Dieu, encore moins par les forces de sécurité conjointes. Cette précision militaire est corroborée par un constat que fait une source autorisée, à savoir que « le parti chiite n’a aucun intérêt à faire monter la tension à quelques jours de la reprise du dialogue où il espère marquer des points plutôt que d’en perdre, et dans tous les cas, il désire garder un profil bas au sujet de son armement ». Selon cette source, le fait que la Résistance ait patienté « une heure et demie avant de réagir au bombardement intense des villages frontaliers prouve que le Hezbollah a cherché à éviter la confrontation jusqu’à la dernière minute ». Même son de cloche du côté de certaines factions proches de l’OLP, qui estiment que le Hezbollah n’a pas hésité à respecter le cessez-feu dès son annonce – tout comme l’armée israélienne d’ailleurs –, ce qui expliquerait le fait que les deux parties n’avaient pas intérêt à prolonger cet épisode. « Une fois les messages politiques véhiculés – le plus important étant un rappel de l’équilibre de la terreur de part et d’autre de la frontière –, les belligérants étaient prêts à cesser le feu », précise la source. Mais qui avait donc intérêt à déclencher ce « dialogue » par la violence, dont les risques sont bien plus graves qu’une simple démonstration de force ? Les organisations palestiniennes radicales affirment ignorer qui est véritablement derrière le déclenchement des hostilités. « Que ce soit le Hezbollah, le FPLP-CG ou le Fateh-intifada, tous les trois ont l’habitude de revendiquer toute action militaire lancée contre l’ennemi. S’ils ne l’ont pas fait cette fois-ci, c’est qu’ils n’en sont simplement pas les auteurs », insiste un responsable proche du groupe Ahmad Jibril. Reste l’hypothèse des « groupuscules palestiniens ou islamistes non organisés » qui auraient pu agir de leur propre initiative, comme le laisse entendre une source palestinienne qui souligne que des amis et proches des deux frères assassinés auraient, dans un moment de colère et de révolte, agi dans un ultime acte de vengeance. D’où la confusion suscitée dans les milieux du Jihad islamique, qui a tenu à préciser que ce n’est pas son organisation qui avait revendiqué l’attaque, mais des inconnus ayant utilisé son nom. Ce rectificatif réconcilie le Jihad islamique avec sa position de principe, à savoir que « la résistance armée, selon lui, ne saurait être menée à partir de l’extérieur, mais exclusivement à l’intérieur des territoires palestiniens occupés ». L’énigme donc reste entière. Une chose est certaine. Le Hezbollah et, par extension, ses alliés palestiniens auront certainement des comptes à rendre – et non des moindres – devant le camp du 14 Mars lors du prochain round du dialogue qui risque d’être houleux sur la question des armes illégales. Jeanine JALKH

La résurgence de la violence, dimanche au Liban-Sud, au lendemain de l’assassinat d’un responsable du Jihad Islamique et de son frère à Saïda, ne devrait pas porter à conséquence selon certains observateurs, contrairement aux craintes exprimées au lendemain du réchauffement du front. Et pour cause : aucun des protagonistes directement ou indirectement impliqués – en tout cas du côté libanais de la frontière – n’a intérêt à faire monter la tension dans l’état actuel des choses. C’est l’avis aussi bien des Palestiniens que des responsables du Hezbollah, lesquels affirment unanimement qu’une escalade au Liban-Sud n’est pas souhaitée à l’ombre des circonstances actuelles.
Il n’en reste pas moins que ce développement n’a pas manqué de susciter des interrogations sur les éventuelles...