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Adel Abdel Mehdi se présente en candidat potentiel au poste de Premier ministre Le vice-président de l’AUI appelle Jaafari à se désister

06/04/2006
Un important leader chiite irakien, Adel Abdel Mehdi, a appelé le Premier ministre sortant Ibrahim Jaafari à renoncer à sa candidature au poste de Premier ministre, mais ce dernier exige un vote du Parlement. Dans une interview diffusée hier par la BBC, M. Abdel Mehdi a indiqué qu’il pouvait être le candidat de l’AUI qui avait désigné, lors d’un vote interne en février, M. Jaafari candidat au poste de Premier ministre avec une seule voix de différence. « Il y a un certain rejet de la candidature de M. Jaafari au sein même de l’Alliance unifiée irakienne (AUI) et je pense qu’il doit se désister », a ainsi déclaré M. Abdel Mehdi, actuel vice-président et l’une des figures de cette alliance. « L’une des conditions pour ce poste est d’être accepté par les autres », a souligné M. Abdel Mehdi, dirigeant du Conseil suprême de la Révolution islamique en Irak (CSRII, principal parti chiite), en allusion à la contestation même au sein de l’Alliance unifiée de la candidature de M. Jaafari qui complique la formation d’un gouvernement en gestation depuis plus de trois mois. M. Abdel Mehdi a indiqué avoir demandé personnellement à M. Jaafari, chef du parti Dawa, de renoncer à sa candidature, mais que ce dernier a répondu qu’il préférait affronter le Parlement. Le Premier ministre a perdu le soutien unanime des membres de la coalition chiite. Certains des 26 indépendants de sa coalition ont même appelé publiquement à son désistement, voyant dans le rejet de sa candidature par les blocs sunnite et kurde, la principale raison qui retarde la formation d’un gouvernement d’union nationale. Les sunnites reprochent en effet à M. Jaafari sa gestion du dossier sécuritaire en affirmant que les forces de sécurité sont dominées par les chiites et noyautées par les milices alors que les Kurdes l’accusent d’accaparer le pouvoir. Dans une interview publiée hier par le quotidien britannique The Guardian, M. Jaafari a cependant réaffirmé qu’il ne renoncerait pas à concourir pour un nouveau mandat, en dépit des nombreuses pressions. « Il y a eu une décision obtenue grâce à un mécanisme démocratique et je m’y tiens », a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous devons protéger la démocratie en Irak et c’est la démocratie qui devra décider qui va diriger l’Irak. » Le président Jalal Talabani doit tenir des discussions avec les dirigeants politiques pour convoquer dans les prochains jours une séance du Parlement et permettre aux élus de choisir le nouveau Premier ministre.

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