Rechercher
Rechercher

Actualités

Arrêt sur image Le jupon de fer




C’était au début des années 70. Avec quelques journalistes nous avions été conviés au Festival du film afro-asiatique de Tachkent. Notre «escorte» locale répondait au (doux) nom de Larissa. Qui, en pleine vogue de la minijupe, arborait des robes traînant jusqu’à terre. Je m’enhardis, un jour, à lui demander une explication. Et je m’entendis répondre: «Lorsque Mme Pompidou est venue chez nous, je l’ai vue, à la télévision soviétique, habillée ainsi.»
J’eus beau lui expliquer que cela remontait à quelques années et que, depuis, la mode avait changé. Rien n’y fit: Larissa n’avait en tête que ce qu’elle avait vu à la télévision soviétique. La force de l’image, c’est ça! Les paroles n’avaient plus aucun poids...
Ce qui n’est pas tout à fait le cas chez nous. Car, après les problèmes d’images qui ont valu à l’une de nos chaînes d’être bouclée, ce sont des problèmes de paroles qui menacent une autre. Comme quoi celui qui disait «Les paroles s’en vont, les écrits restent» ne savait pas très bien de quoi il parlait, surtout pas de télévision: la parole y perdure!
Alors, j’ai pensé à l’équation suivante: on supprime l’image et on supprime le son. Qu’est-ce qui reste? Un poste posé sur un meuble, qui trône inutilement et qui vous renvoie, lorsque vous l’allumez, le noir le plus absolu. Vous avez dit «noir»? Voilà que vous encourez le risque d’être accusé de racisme. On ne sait jamais. Car, après avoir offensé l’œil et l’oreille, voilà que vous vous attaquez aux droits de l’homme!
Je ne sais pas ce que Larissa est devenue depuis. Mais je me plais à croire qu’aujourd’hui elle a raccourci ses jupes en allongeant son panaroma télévisé par un bouquet de paraboles. Ce qui lui permet de savoir, désormais, ce qui se porte ailleurs en matière de modes, et surtout de croire ou de ne pas croire ce que lui dit la télé de Poutine. Heureuse Larissa!

Alain PLISSON

P.S.: The Iron Petticoat (Le jupon de fer), film de Norman Panama avec Bob Hope et Katharine Hepburn.
C’était au début des années 70. Avec quelques journalistes nous avions été conviés au Festival du film afro-asiatique de Tachkent. Notre «escorte» locale répondait au (doux) nom de Larissa. Qui, en pleine vogue de la minijupe, arborait des robes traînant jusqu’à terre. Je m’enhardis, un jour, à lui demander une explication. Et je m’entendis répondre: «Lorsque Mme Pompidou est venue chez nous, je l’ai vue, à la télévision soviétique, habillée ainsi.»J’eus beau lui expliquer que cela remontait à quelques années et que, depuis, la mode avait changé. Rien n’y fit: Larissa n’avait en tête que ce qu’elle avait vu à la télévision soviétique. La force de l’image, c’est ça! Les paroles n’avaient plus aucun poids...Ce qui n’est pas tout à fait le cas chez nous. Car, après les problèmes...